Migrants : hypocrisie criminelle

02 Août 2017

Macron a annoncé le 27 juillet une série de mesures concernant les migrants, dans la continuité de la politique de ses prédécesseurs.

Divisant les réfugiés entre demandeurs d’asile et « migrants économiques », il a réaffirmé vouloir renvoyer ces derniers, ajoutant qu’il « n’existe pas de pays qui peut accueillir tous les migrants économiques. » Comme si la France n’était pas, à l’égal des autres puissances impérialistes, responsable de la misère qui pousse des centaines de milliers de personnes à fuir leur pays pour tenter de survivre ailleurs !

Alors que plus de 100 000 personnes ont traversé la Méditerranée depuis janvier et que plus de 2 250 y ont laissé la vie, Macron ne cherche pas à les secourir. Il propose de créer des centres de tri, des « hotspots », destinés à les trier, et à en retenir le plus grand nombre sur le sol africain, au Niger, au Tchad et même en Libye, une fois la situation de celle-ci « stabilisée ». Cette politique, mise en place par les dirigeants européens, Hollande en tête, maintient déjà dans de tels centres, en Grèce, en Turquie et au Liban, loin des villes de la riche Europe de l’Ouest, une grande partie des réfugiés originaires du Proche-Orient.

Dans le même temps, Macron veut réduire de 18 à 6 mois la durée d’attente pour le traitement des demandes de droit d’asile, de manière à renvoyer plus rapidement, « dignement » ose-t-il ajouter, ceux qui ne l’obtiennent pas, dans le cadre d’une « vraie politique de reconduite à la frontière ».

Quant à sa promesse d’héberger tous les réfugiés présents sur le sol français d’ici la fin de l’année, Macron se garde bien de préciser où et avec quels moyens. D’ailleurs, le premier ministre avait déjà rejeté la création de nouveaux centres d’accueil deux semaines plus tôt, tandis que la police évacuait manu militari les migrants de la Porte de la Chapelle à Paris.

Laisser les migrants circuler librement et s’installer où ils le souhaitent serait la seule solution humaine. Rien n’empêchera les victimes de guerres ou de la pauvreté de fuir et de tenter leur chance ailleurs. En multipliant les obstacles sur leur route, Macron, comme ses prédécesseurs, joue sur les préjugés contre les migrants autant qu’il les alimente. Et sa politique aura contribué à ce qu’il y ait de nouveaux drames et de nouveaux morts.

Jacques Le Gall