Michelin : moins de travailleurs pour plus de profits

02 Août 2017

Michelin prévoit la suppression de 2 000 emplois, dont 450 aux États-Unis et 1 500 en France, d’ici quatre ans. La direction se sert de l’âge des travailleurs pour justifier son projet : en France, 5 000 départs en retraite ne seront compensés que par 3 500 embauches.

À Clermont-Ferrand, pour 2 000 départs, il y aura seulement 1 000 embauches, avec la promesse qu’il n’y aurait pas de licenciements secs. Sur les cinq sites, deux semblent particulièrement visés : les bureaux aux Carmes et le centre de recherche et développement de Ladoux. Cela se rajoute aux 500 suppressions de postes de l’an dernier, dont les 300 ouvriers touchés par la fermeture de l’atelier de rechapage de La Combaude.

Cette réorganisation à grande échelle aurait pour but d’être davantage au service du client. Au nom de la compétitivité, il s’agit bien sûr de produire davantage avec moins de salariés. Le but est évident : augmenter les bénéfices des actionnaires, au détriment des travailleurs.

La multinationale continue à mener sa politique de réduction des effectifs, sans se préoccuper des conséquences sociales. Au début des années 1980, simplement à Clermont-Ferrand, il y avait 30 000 salariés. Après ce plan, il en restera 10 000.

Cela signifie que des milliers de travailleurs, ne pouvant plus postuler sur les postes supprimés, grossiront les rangs des chômeurs, que de plus en plus de jeunes qui cherchent du travail trouveront porte close, que ceux qui restent useront leur santé en travaillant encore plus durement.

En 2016, l’entreprise a affiché un bénéfice record de 1,7 milliard d’euros et une augmentation de 14 % des dividendes. Cela ne suffit pas encore à la famille Michelin, ni aux principaux actionnaires.

Correspondant LO