JO 2024 à Paris : qui gagne ?

02 Août 2017

Paris organisera donc les Jeux olympiques de 2024. Et, affirment en chœur politiciens, sportifs et financiers, ces Jeux de 2024 seront économes, écologiques, recyclables.

Ils prétendent que la plupart des équipements existent déjà, que les autres seront soit reconvertis pour le grand public soit démontables, que les retombées économiques atteindront les dix milliards d’euros et que des centaines de milliers d’emplois seront créés avant et pendant les Jeux.

Il n’est pourtant pas besoin d’être grand clerc pour savoir que l’État et les collectivités locales financeront les Jeux avec de l’argent public et à fonds perdus, comme partout et comme toujours. Et on sait d’avance que « la grande fête du sport » sera, pour les groupes de médias, les agences mondiales de publicité, les marques les plus puissantes et les banques, la grande fête du business.

Le show aura du succès, quoi de plus normal. On peut s’attendre à des exploits, des larmes, des explosions de joie et de belles compétitions. Les sportifs et les metteurs en scène sont des professionnels, le public est bon enfant et admirateur du beau geste. Mais, vu que l’immense majorité verra les Jeux à la télévision, quelle importance pour le spectateur que l’image vienne du stade de France ou de la planète Mars ?

En revanche, les spectateurs – et les autres – verront la facture sur leurs feuilles d’impôts. Et chacun subira la propagande nationaliste permanente célébrant la prétendue communion de tout un peuple fêtant ses héros, et les génuflexions quotidiennes devant le monde du fric, du spectacle et de la publicité, c’est-à-dire devant le capital.

Sept ans avant la date fatidique, on en est dégoûté d’avance.

Paul GALOIS