Fonderies du Poitou – Ingrandes : intérimaires et frondeurs

02 Août 2017

Les Fonderies du Poitou, à Ingrandes, dans la Vienne, emploient aujourd’hui environ 220 intérimaires et des travailleurs sous contrat GLE (contrats de groupement d’employeurs) plus défavorables encore. Sur l’ensemble des deux entreprises Alu et Fonte, les effectifs en CDI baissent depuis six ans alors que la production augmente.

En juillet 2016, à l’initiative de la CGT, des débrayages sur la fonderie Alu ont permis de dénoncer le recours abusif à l’intérim. Une journée de grève avait suivi en septembre ainsi qu’un rappel à l’ordre de l’inspectrice du travail. Celle-ci avait relevé que dans certains ateliers de production, le nombre de travailleurs intérimaires s’élevait à plus de 50 % de l’effectif total.

Mardi 25 juillet, les militants CGT des deux secteurs Alu et Fonte, en lien avec la CGT intérimaire venue faire un reportage sur la précarité, se sont adressés aux intérimaires à l’heure du changement d’équipe. Ce fut l’occasion de discussions fraternelles sur les conditions de vie, de logement, des relations avec la hiérarchie et les agences d’intérim. La plupart d’entre eux souhaitent bien sûr une embauche en CDI. Comme tous ceux des deux fonderies, ils subissent les poussières, le bruit, ils doivent manipuler des charges lourdes et des produits dangereux, en ayant parfois des contrats courts à la semaine, voire à la journée.

Plusieurs d’entre eux ont vécu des fermetures d’entreprises de la métallurgie de la région (New-Fabris, Federal-Mogul…). Certains ont subi des plans sociaux pendant des années et, arrivés à 55 ans, doivent reprendre le travail comme intérimaires. D’autres, après 18 mois de mission dans l’entreprise, doivent attendre le délai de carence de 6 mois avant de pouvoir espérer revenir aux Fonderies. Et les feuilles de paie sont souvent pleines d’erreurs. Comme le faisait remarquer l’un deux, « j’ai fait de la comptabilité auparavant et pourtant je ne peux pas déchiffrer ma feuille de paie ».

Beaucoup d’intérimaires ont évoqué la nécessité de se défendre et de faire grève avec tous les travailleurs en CDI et sont conscients qu’ils auront intérêt à y aller tous ensemble. Le souvenir de grève du secteur Alu ou encore celle de l’agence Agentis est encore présent. Et certains souhaitent que de nouvelles réunions soient organisées à la rentrée, en septembre, pour discuter collectivement des moyens de se faire entendre des patrons.

Correspondant LO