Économies : les premières touchées

02 Août 2017

Le 1er juillet, pour des raisons budgétaires, la préfecture du Loiret a supprimé deux postes d’intervenants sociaux en commissariat et gendarmerie (ISCG) auprès des femmes victimes de violences.

Le dispositif a pourtant fait ses preuves depuis sa création en décembre 2015. En 2016, les ISCG du Loiret ont accompagné 425 femmes, auxquelles ils apportent un soutien social, juridique et psychologique lorsqu’elles se rendent au commissariat.

La suppression brutale de leurs postes, annoncée par France Bleu le 7 juillet, a aussitôt suscité l’indignation de l’association, l’Aidaphi, qui salarie ces deux travailleurs sociaux et qui percevait pour cela les financements de l’État, mais aussi d’une partie de la presse nationale et même du syndicat de police SCSI (Syndicat des cadres de la sécurité intérieure). Comme l’expliquait sur France Bleu un éducateur spécialisé de l’Aidaphi : « Les violences conjugales, c’est un phénomène complexe, qui nécessite une approche particulière par des travailleurs sociaux formés. Ce n’est pas le boulot des policiers ni des gendarmes de faire du soutien aux femmes victimes de violences. »

Devant le tollé, la secrétaire d’État chargée de l’Égalité entre les femmes et les hommes a finalement déclaré, dès le 8 juillet, qu’elle demandait des crédits en urgence pour que le préfet du Loiret rétablisse les deux postes. C’est tant mieux. Mais pour ces deux postes sauvés in extremis, combien de postes tout aussi indispensables ont disparu ou disparaîtront pour des raisons d’économies budgétaires ?

Julie LEMÉE