À Calais, la brutalité des autorités

02 Août 2017

Le conseil d’État a rejeté, le 31 juillet, le recours de la maire de droite de Calais et du ministère de l’Intérieur. Ce recours visait à contrer la décision d’un juge administratif les contraignant à mettre un point d’eau à disposition des migrants. La maire de Calais a immédiatement déclaré qu’elle ne respecterait pas cette décision, dénonçant « une injustice ». Il fallait oser, de la part d’une élue qui interdit à des gens à la rue de boire et de se laver.

De son côté le comportement de la police à Calais a été dénoncé le 26 juillet dans un rapport de l’organisation humanitaire Human Right’s Watch. Cette dernière a recueilli le témoignage de nombreux migrants se plaignant d’être régulièrement gazés. Dans l’espoir de les chasser de Calais, des policiers les aspergent de gaz poivre provoquant « une cécité temporaire, de fortes douleurs oculaires et des difficultés respiratoires ». Leur nourriture est aussi aspergée, ce qui la rend immangeable, ainsi que le peu d’affaires qu’ils utilisent comme les sacs de couchage, qu’il faut alors pouvoir laver pour les utiliser à nouveau.

Le ministre de l’Intérieur, Collomb, a d’abord nié, expliquant que le gaz poivre n’était pas fourni à la police, avant de reconnaître « qu’il peut y avoir quelques dérapages individuellement ». Des dérapages multiples qui ressemblent fort à une politique systématique de chasse aux migrants.

Lucien DÉTROIT