Française de Mécanique : PSA détruit les emplois et surexploite ceux qui restent

26 Juillet 2017

La Française de Mécanique, à Douvrin, dans le Pas-de-Calais, fabrique des moteurs pour PSA principalement et pour Renault. Elle employait encore il y a quinze ans plus de 6 000 salariés. Après la fermeture de la fonderie en 2006 et un plan de compétitivité imposé en 2013, les effectifs sont passés à moins de 2 000 salariés présents sur le site dont 300 contrats précaires (intérimaires, contrat-pro, apprentis…).

La direction du groupe a décidé de compacter l’usine, de vendre des terrains et des bâtiments ou d’en raser. Ainsi, sur les huit bâtiments existant auparavant, il n’en reste que trois occupés par les activités moteurs.

La direction prévoit d’utiliser à plein rendement les deux seuls ateliers qu’elle veut garder. Il y en a déjà un qui fonctionne quasiment 24 heures sur 24, avec travail souvent obligatoire les samedis matin ainsi que les jours fériés, mais la production devrait aussi monter rapidement dans le deuxième atelier où un nouveau moteur diesel va être produit.

Les dirigeants veulent faire passer l’idée que le redimensionnement de l’usine divisée par trois a été fait pour préserver la compétitivité, et donc l’avenir. En attendant, malgré la montée en volume, PSA supprime encore des emplois : plus de 200 depuis janvier 2017. Les techniciens sont invités à aller voir la cellule mobilité pour quitter le site, voire le groupe. Les agents de maintenance, eux, ont été éclatés et certains intégrés sur les lignes de production. Pour les ouvriers, ce sont la flexibilité et les heures supplémentaires à tout va. La montée des cadences laisse bien des travailleurs sur les genoux, en fin de poste et plus encore en fin de semaine.

Sur les dix dernières années, plus de 500 travailleurs ont déclaré des TMS (troubles musculo-squelettiques) en maladie professionnelle. Et malgré la présence dans l’usine d’un ergonome et même d’un kinésithérapeute, rien n’y fait, les tensions et la charge de travail continuent à démolir les tendons et les articulations.

Malgré ces dégâts, la direction profite de la loi santé au travail pour réduire les horaires et l’activité du service médical en diminuant le nombre de surveillances médicales pour les salariés ayant des postes exposés aux nuisances sonores, vapeurs d’huile, etc. Il ne restera plus que 700 salariés en surveillance médicale renforcée contre 1 600 l’an dernier.

PSA fait de nouvelles économies par millions en continuant à dégrader les conditions de travail. En 2016, ses profits ont dépassé les deux milliards d’euros et la direction se réjouit déjà des bons chiffres de vente du 1er trimestre 2017.

Seule la colère pourra arrêter sa machine à faire des profits en surexploitant les travailleurs, ici à Douvrin, comme ailleurs dans toutes les autres usines du groupe.

Correspondant LO