États généraux de l’alimentation : les trusts gavés

26 Juillet 2017

Les États généraux de l’alimentation ont été inaugurés le 20 juillet en présence des têtes d’affiche du monde de l’agriculture, de l’industrie, du commerce et des grandes associations en rapport avec l’alimentation et la consommation, mais sans Macron, plus occupé à visiter les militaires.

Au menu des États généraux, il y a : ateliers de discussion, discours, paillettes et petits fours, le clap de fin du grand raout étant prévu le… 30 octobre. En préliminaire, le ministre de l’Agriculture a reçu individuellement chaque dirigeant des organisations professionnelles concernées. Mais aussi les patrons d’Auchan, Carrefour, Leclerc, Intermarché, Système U, Coop de France, Danone et celui du Groupe agroalimentaire Avril, dont le PDG était Xavier Beulin, président de la FNSEA. Le gouvernement affirme aux patrons de ces groupes qu’ils seront aux premières loges pour bénéficier du plan d’investissement de 5 milliards d’euros sur cinq ans.

La FNSEA, premier syndicat d’exploitants agricoles, demande qu’on « sorte des prix bas » dans les rayons des hypermarchés.

Ce serait donc aux consommateurs, aux classes populaires, de payer plus et d’assurer les profits des capitalistes de l’agroalimentaire et de la distribution. Tout en garantissant les marges des gros agriculteurs et des grandes coopératives agricoles dont la FNSEA défend les intérêts.

Les petits producteurs qui veulent pouvoir vivre de leur travail n’ont rien à attendre de ces palabres. Et pas plus les salariés dont le pouvoir d’achat régresse depuis des années. Si le prix du lait payé au producteur a baissé de 7,3 % en 2016 après une baisse de 14 % en 2015, les consommateurs n’en ont profité en rien, à l’inverse des propriétaires des grandes chaînes commerciales, des groupes agro-industriels et financiers parmi les plus grandes fortunes du pays.

Philippe Logier