Droits des femmes : les associations au régime sec

26 Juillet 2017

Malgré les dénégations de la secrétaire d’État à l’Égalité entre les femmes et les hommes, les subventions aux associations féministes ont bien été amputées de 7,5 millions d’euros.

Le 17 juillet, le Planning familial, le Collectif féministe contre le viol, Femmes solidaires et d’autres associations avaient tiré la sonnette d’alarme, inquiètes des coupes envisagées dans leur budget. Certaines n’avaient pas encore reçu la première tranche de leur financement. L’Association contre les violences faites aux femmes au travail (AVFT), qui accueille de plus en plus de victimes, n’avait pas eu de réponse à sa demande d’augmentation du budget qui lui permet d’aider les victimes dans leurs démarches juridiques.

Marlène Schiappa, la secrétaire d’État, ne parlait que d’économies minimes sur des frais de fonctionnement, les notes de frais et autres réceptions. Mais elle insistait sur le fait qu’il ne fallait accorder de subventions qu’aux associations menant des « actions effectives et efficaces ». Une restriction inquiétante de la part d’un gouvernement adepte de la rentabilité avant tout.

On en voit le résultat : le gouvernement Macron a été capable d’amputer d’un quart un budget de moins de 30 millions d’euros, le plus petit des différents ministères, qui représente 0,006 % du budget total de l’État !

Informer les femmes de leurs droits, protéger celles qui sont victimes de violences, les héberger, les aider à porter plainte, former des travailleurs sociaux, donner aux filles et aux garçons des informations sur la contraception et défendre le droit à l’interruption volontaire de grossesse, tout cela réclame des locaux, des formations, de l’argent.

Tous les gouvernements se sont déchargés d’une partie des tâches de protection sociale sur des associations, qui bouclent leur budget par des appels aux dons et du bénévolat. Macron candidat se prétendait « profondément féministe ». On en a la démonstration avec son gouvernement qui sabre dans le financement de ce qui devrait être un service public entièrement assuré par l’État.

Sylvie MARÉCHAL