L’Europe et les migrants : campagne contre les ONG

11 Juillet 2017

Les ministres de l’Intérieur français, allemand et italien ont exprimé leur volonté d’imposer ce qu’ils osent appeler un code de bonne conduite destiné aux organisations non gouvernementales (ONG) qui portent secours aux migrants en Méditerranée.

Depuis 2015, une douzaine de navires humanitaires interviennent au large de la Libye. Selon les garde-côtes italiens, ils ont réalisé 26 % des opérations de secours en 2016 et 35 % depuis le début de l’année, alors que le nombre de migrants partant de Libye à destination de l’Italie explose. Depuis 2014, 590 000 migrants ont été secourus en mer, et l’on estime à 14 000 le nombre de morts ou de disparus.

Cette campagne contre les ONG a commencé en Italie, à l’initiative d’un procureur qui reprenait les allégations formulées par l’agence européenne Frontex, chargée de surveiller et d’intercepter les migrants. Elle a été relayée par le parti xénophobe de la Ligue du Nord et le Mouvement 5 étoiles de Beppe Grillo. Les ONG sont accusées ni plus ni moins d’être complices des mafias de passeurs en empêchant les migrants de se noyer ! Ce sont ces accusations que reprennent les ministres de l’Intérieur des deux plus grandes puissances de l’Union européenne.

Comme l’a déclaré Loris De Filipi, président de Médecin sans frontières (MSF) en Italie : « Si l’on oblige les ONG à se retirer, il y aura plus de morts, plus de drames. Si c’est cela qu’ils veulent, il faut avoir l’honnêteté de le dire. »

L’Union européenne refuse la liberté de circulation et d’installation aux migrants, et le nombre de bateaux de gardes-côtes pour sauver les naufragés est bien en dessous de ce qui serait nécessaire. « C’est l’Union européenne qui devrait procéder aux secours en mer, pas les ONG », a ajouté le président de MSF Italie. Non seulement elle ne le fait pas, mais en plus elle met en accusation ceux qui agissent par simple solidarité humaine.

Boris SAVIN