G20 de Hambourg : impuissance au sommet

11 Juillet 2017

Vendredi 7 et samedi 8 juillet, les dirigeants des vingt pays les plus riches de la planète se sont réunis à Hambourg pour une nouvelle grand-messe. Le G20, né en 2008 en pleine débâcle financière, est censé permettre aux grands de ce monde de se coordonner. Mais ce ne sont que des sommets à grand spectacle où rien ne se décide et dont les Trump, Poutine, Merkel ou Macron cherchent à tirer le meilleur parti pour se présenter en héros vis-à-vis de leur propre opinion publique.

Macron a pu soigner son image de nouveau champion de la planète, au moins pour la presse française, en appelant à une réunion sur le climat le 12 décembre à Paris. Mais les vedettes de ce sommet étaient bien sûr Trump et Poutine, qui se rencontraient pour la première fois. Pour Merkel, la fête a été gâchée par les dizaines de milliers de manifestants peu convaincus du caractère philanthropique du G20 et par deux jours d’affrontements dans les rues de Hambourg, qui ont transformé en forteresse assiégée le palais des Congrès où se réunissaient les maîtres du monde.

Les palabres se sont terminées par une déclaration commune aussi vaine qu’hypocrite. Le G20 condamne le protectionnisme, mais reconnaît le droit de mettre en place « des instruments légitimes de défense commerciale ». Sur le réchauffement climatique, la déclaration finale ménage tout autant la chèvre que le chou, présentant l’accord de Paris de décembre 2015 sur le réchauffement climatique, dont Trump s’est retiré, comme irréversible, tout en permettant aux États-Unis de vendre du gaz de schiste. Le souci de l’écologie se résume à préciser que ces énergies fossiles seront utilisées de manière plus propre.

À l’occasion de ce G20, des dizaines de vitrines sont tombées, des voitures ont été incendiées. Pour le reste, le monde capitaliste peut continuer sa marche vers l’abîme.

B. S.