Hamon : nouveau mouvement, vieilles recettes

05 Juillet 2017

Samedi 1er juillet, Hamon a annoncé qu’il quittait le Parti socialiste et fondait un nouveau mouvement qui se veut différent des partis traditionnels.

Ministre de l’Éducation nationale de Hollande il y a encore cinq ans, Hamon n’est plus aujourd’hui que conseiller régional d’Île-de-France. Avec ses 6,4 % au premier tour de la présidentielle et son élimination au premier tour des élections législatives dans la circonscription des Yvelines où il était député sortant, son sort résume la déroute du Parti socialiste et les tourments de ses milliers de notables, de ses élus locaux, de ses ténors nationaux qui se retrouvent aujourd’hui le bec dans l’eau et très inquiets pour leur avenir.

Hamon a développé devant quelques milliers de partisans une critique qui se veut radicale de Macron, de la réforme du Code du travail, de la pérennisation de l’état d’urgence et a retrouvé un vocabulaire de circonstance pour bien se marquer à gauche : « Macron a fait l’unité de la bourgeoisie autour de ses propres intérêts », a-t-il claironné. La classe ouvrière, les salariés ont même été évoqués.

Hamon a ressorti le programme qu’il avait défendu dans la campagne présidentielle, du revenu universel à la transition écologique. Il s’est réclamé de Jaurès mais surtout de Blum, de Mitterrand et de Jospin, pour terminer par affirmer la nécessité d’un nouveau congrès comme celui d’Épinay qui, en 1971, avait permis à Mitterrand de mettre la main sur l’appareil du Parti socialiste.

L’objectif d’Hamon n’est rien d’autre que de tirer son épingle du jeu en redonnant un peu de vie aux illusions électorales à gauche, en concurrence sur ce terrain avec Mélenchon. Les travailleurs n’ont jamais rien eu à attendre de ces illusions et il n’ont rien à espérer de l’opération politique de Hamon.

Boris SAVIN