Centrales nucléaires : on ne sait pas où on va, mais on y va !

05 Juillet 2017

EDF vient d’annoncer que le coût estimé des deux centrales nucléaires britanniques EPR d’Hinkley Point, dont les travaux ont déjà commencé, était revu à la hausse, avec 1,5 milliard de livres sterling de plus que le devis initial.

Le total s’élèverait maintenant à 19,6 milliards de livres, soit 22,3 milliards d’euros, et ce n’est peut-être pas terminé. On verra à la fin des travaux quel aura été le montant réel. Si on se réfère à l’exemple de l’EPR de Flamanville, qui est passé d’un devis initial de 3,3 milliards d’euros à 10,5 milliards (en admettant que ce soit fini) avec un retard de plus de cinq ans, il y a de quoi être sceptique.

En fait, depuis le début EDF et Areva ont fait à peu près n’importe quoi. D’abord ils se sont lancés dans un chantier qu’ils ne maîtrisaient pas, construisant une centrale qu’ils ne savaient pas construire. Certes, il faut bien commencer un jour mais, dans ce cas précis, la décision pour Flamanville, tout comme pour l’EPR finlandais qui accumule lui aussi dépassements de budget et retards, a été prise à la va-vite afin qu’EDF ait rapidement un produit qui serve de vitrine, dans l’espoir d’obtenir des commandes internationales. Il fallait donc faire vite, même si on ne savait pas faire.

Dans le même ordre d’idées, la cuve et ensuite le couvercle de la cuve du réacteur de Flamanville ont été réalisés plus ou moins n’importe comment, avec un acier trop chargé en carbone qui risque d’entraîner des défaillances.

Non seulement les EPR britanniques coûteront plus cher que prévu, mais on annonce d’ores et déjà un retard de quinze mois pour le premier et de neuf mois pour le second. Mais le prix de l’électricité qui finira bien un jour par être produite sera nettement plus élevé que les tarifs actuels, suite à un accord d’EDF avec le gouvernement de Londres. Les consommateurs britanniques paieront la note !

Dans cette affaire, rien ne va, sauf pour certains comme Bouygues, qui officie aussi bien à Flamanville qu’à Hinkley Point, ainsi que General Electric, qui a racheté Alstom. Qu’importe l’EPR, si on peut avoir l’argent de l’EPR !

André VICTOR