Politique criminelle28/06/20172017Journal/medias/journalnumero/images/2017/06/2552.jpg.445x577_q85_box-0%2C104%2C1383%2C1896_crop_detail.jpg

Leur société

Politique criminelle

D’après la Cimade, des dizaines d’Afghans ont été expulsés par la France en plusieurs vols échelonnés entre le 9 et le 24 juin en direction de Kaboul, la capitale de l’Afghanistan.

Ces expulsions font suite à un accord conclu le 2 octobre dernier entre l’Union européenne et l’Afghanistan. Signé par-dessus la tête des élus du Parlement européen, qui n’ont pas été consultés, l’accord prévoit le renvoi massif d’exilés afghans déboutés du droit d’asile. Dans un document préparatoire daté du 3 mars 2016, l’UE estimait que plus de 80 000 personnes, dont des mineurs isolés, pouvaient ainsi être expulsées à court terme. Parmi les contreparties de cet accord, l’UE s’est engagée à construire un terminal à l’aéroport de Kaboul, dédié aux expulsions.

Avec la Norvège et l’Allemagne, qui depuis décembre 2016 a expulsé plus d’une centaine d’Afghans vers Kaboul, dont plusieurs vivaient en Allemagne depuis des années et y avaient leur famille, la France a commencé les expulsions d’Afghans en décembre, et cette politique s’est accélérée début 2017. Selon la Cimade, 80 Afghans étaient enfermés début juin en centre de rétention, notamment au Mesnil-Amelot, en Seine-et-Marne.

Les Afghans sont actuellement les troisièmes demandeurs d’asile dans l’UE, après les Syriens et les Irakiens, en raison des violences qui ravagent leur pays. Les récents attentats sanglants de Kaboul ont rappelé que l’Afghanistan est un pays dangereux, où la population est prise en étau entre les forces gouvernementales, les groupes armés djihadistes et les milices locales.

Renvoyer aujourd’hui des hommes, des femmes et des enfants à Kaboul, c’est pour beaucoup signer leur arrêt de mort.

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