Universités : trop d’étudiants ou pas assez de moyens ?

14 Juin 2017

À l’issue de la première phase de préinscription à l’université, 3 500 lycéens n’ont pas été pris dans la filière académique pour laquelle ils avaient fait leurs premiers vœux.

Avec 40 000 étudiants de plus prévus à la rentrée 2017, plusieurs facultés n’ont pas assez de places par rapport aux demandes. Le tirage au sort, utilisé de plus en plus fréquemment, a mécontenté nombre de lycéens, déboutés et renvoyés à d’autres choix que les leurs. Frédérique Vidal, la ministre de l’Enseignement supérieur, s’est empressée de dire que cette méthode ne serait pas pérennisée et que les candidats auraient leur chance au second tour.

La méthode est absurde, mais c’est ce à quoi elle répond qui est scandaleux : les crédits sont insuffisants, les locaux parfois vétustes ou insuffisants. Les syndicats de l’enseignement supérieur dénoncent la baisse du nombre d’enseignants, les fonds alloués sous le précédent gouvernement ayant souvent servi à combler les trous dans le budget d’universités autonomes en graves difficultés financières.

La ministre du nouveau gouvernement peut toujours promettre un second tour de préinscription plus favorable, mais le programme pour l’enseignement supérieur exposé par Macron lors de sa campagne ne consiste qu’en une gestion, voire une aggravation, de la pénurie. On y trouve l’augmentation des frais d’inscription, peut-être modulée par des aides à certains étudiants, le renforcement de l’autonomie des universités pour le recrutement des enseignants, la modulation de leurs salaires et de leurs services. Et, pour les étudiants, chaque filière pourrait décider des compétences nécessaires et recruter en fonction de ces critères, en concluant avec le futur étudiant un contrat de réussite, une sorte de contrat individuel au nom de la performance.

Il est trop tôt pour savoir si son projet sera maintenu et surtout à quelle résistance il se heurtera, mais on peut douter qu’une fois au pouvoir Macron et son équipe aient changé d’optique : il s’agit d’une attaque en règle contre l’enseignement conçu comme un service public.

Sylvie MARÉCHAL