Sanofi : de l’art de multiplier les licenciements

14 Juin 2017

Un reportage de la radio France Inter a dénoncé une pratique du groupe Sanofi qui lui permet de licencier à bon marché, indépendamment des plans sociaux officiels.

Cette pratique dite de ranking consiste à demander à l’encadrement d’établir des listes du personnel, classé en : bon, au niveau, et mauvais. Dans l’exemple présenté par France Inter, des cadres étaient sur la sellette. Il s’agissait d’identifier, à côté des 10 % de bons et des 80 % de au niveau, 10 % de mauvais.

Pour atteindre cet objectif, des cadres chargés du classement ont dû déclassifier des collègues initialement classés au niveau. Si cette pratique peut déjà réduire le montant des primes que ces cadres empocheront, il s’est avéré qu’elle servait aussi à accélérer les licenciements. Selon France Inter, Sanofi a pu se débarrasser de vingt cadres classés pendant deux ans dans une liste de 39 mauvais.

Par ailleurs, le syndicat FO de Sanofi a dénoncé l’existence, dans le même groupe, d’une liste de deux cents informaticiens considérés comme indésirables pour le patron, dont soixante-dix en France.

Sanofi en est à son sixième plan de licenciements. Actuellement, quelque six cents emplois sont menacés. Ce système de notation, qui aurait dû rester secret et que Sanofi nie avoir mis en place, permet de licencier encore un peu plus.

Pour les dirigeants du groupe, tout ce qui permet de diminuer la masse salariale est bon pour faire grossir les profits.

Jacques FONTENOY