Hôpitaux : austérité et misère des conditions de travail

14 Juin 2017

Une enquête menée à la demande de syndicats d’étudiants en médecine et de jeunes médecins, et basée sur 21 800 questionnaires, montre les conditions dans lesquelles ils travaillent au sein de l’hôpital public, où ils ont des stages ou occupent des fonctions hospitalières. Les deux tiers des médecins interrogés souffrent d’anxiété et près d’un tiers de dépression. Près des trois quarts se disent fatigués souvent ou très souvent.

La dégradation des conditions de travail dans les hôpitaux est connue. Mais cette enquête pointe du doigt les raisons financières d’une telle situation. Une responsable syndicale explique ainsi que, dans le service de psychiatrie où elle travaille, « il n’y a qu’une infirmière pour 27 patients, contre deux ou trois il y a dix ans ». Et c’est sans parler des horaires que font ces médecins. Alors qu’ils ne doivent pas légalement dépasser 48 heures de travail par semaine, le tiers d’entre eux disent faire plus de 60 heures. La clause de sécurité, qui impose un repos de 11 heures après 24 heures d’activité consécutives, n’est respectée qu’une fois sur deux, entre autres sous la pression des patrons des services hospitaliers.

Ce qui est vrai pour les jeunes médecins l’est bien sûr aussi pour l’ensemble du personnel hospitalier, infirmiers, aides-soignants, qui tous subissent les conséquences des politiques d’austérité des gouvernements successifs. Et, bien sûr, la dégradation de la qualité des soins et de l’attention portée aux souffrances des malades va de pair avec celle des conditions de travail.

Cédric DUVAL