Gaza : un blocus criminel

14 Juin 2017

La bande de Gaza, territoire de 360 km² peuplé de 1,9 million d’habitants, est enclavé dans le territoire israélien et séparée de l’autre territoire palestinien, la Cisjordanie. Malgré l’autonomie reconnue en 1993 par les accords d’Oslo et le retrait de l’armée israélienne en 2005, elle reste pour sa population une prison à ciel ouvert.

Depuis 2007, date à laquelle le Hamas, mouvement d’obédience islamiste, a pris le contrôle de la bande de Gaza, le gouvernement israélien a mené plusieurs guerres terribles contre ce territoire. Des milliers de morts en ont résulté, ainsi que la destruction d’une multitude d’infrastructures indispensables à la survie de la population. Tout le monde se souvient des images choquantes d’enfants tués sur la plage lors de la guerre de 2014. La supériorité militaire israélienne lui permet de bombarder systématiquement cette population, sous prétexte de lutter contre le Hamas qualifié de mouvement terroriste, l’appauvrissant toujours plus et la condamnant à vivre dans des conditions insupportables. L’État d’Israël, même quand il n’est pas officiellement en guerre contre Gaza, écrase sa population en lui faisant subir un blocus et des limitations d’accès à l’eau, à la nourriture, à l’électricité, etc.

Le 12 juin, un Conseil des ministres israélien a décidé de réduire encore de 40 % l’approvisionnement en électricité du territoire, faisant passer de quatre heures à deux ou trois la possibilité d’utiliser l’électricité chaque jour. Les raisons invoquées sont le non-paiement de l’électricité par l’Autorité palestinienne, gouvernement officiel des territoires palestiniens mais en concurrence avec le Hamas.

Or, suite à la destruction de l’unique centrale électrique par les bombardements israéliens en 2014, les livraisons israéliennes sont les seules sources d’électricité de Gaza. C’est donc la population qui va de nouveau être victime. Les organisations humanitaires craignent que cette réduction de l’accès à l’électricité se traduise par une crise humanitaire. Les habitants doivent vivre sans moyens de se rafraîchir en pleine chaleur. Les hôpitaux ne sont pas épargnés, avec toutes les conséquences que l’on peut imaginer sur les soins, les opérations.

Les Gazaouis vont continuer à payer l’oppression israélienne, ajoutée aux luttes entre les forces politiques palestiniennes.

À Gaza, les autorités israéliennes imposent à tout un peuple de vivre avec toujours moins d’eau, d’électricité et de services élémentaires, sans même pouvoir sortir du territoire. Elles ne font ainsi qu’attiser, au sein de la population palestinienne, la haine de cette oppression insupportable.

Marion AJAR