Contre le FN : les valeurs du mouvement ouvrier

14 Juin 2017

« Le FN essuie un nouvel échec » titrait Le Monde du 13 juin. « Le FN rate la marche » pouvait-on également lire dans Le Parisien du 12 juin. Le journal L’Humanité parlait de son côté de « l’échec collectif d’un parti qui n’arrivera pas fort au Palais-Bourbon ». Bien d’autres médias commentaient sur le même ton les scores du Front national au lendemain des élections législatives.

Le FN recueille 14 % des voix, un pourcentage à peu près équivalent à celui de 2012 (13,6 %), mais inférieur aux 21,3 % de voix obtenus par Marine Le Pen au premier tour de l’élection présidentielle. Mais ceux qui sont conscients du danger que représentent les idées du Front national ont-ils de quoi se réjouir ?

Il n’y aura certes pas de vague bleu marine à l’Assemblée, comme annoncé par Marine Le Pen au lendemain de la présidentielle. Cela contrarie nombre de dirigeants du Front national, déçus de ne pas accéder à la mangeoire, comme Nicolas Bay, son secrétaire général, battu dans la 6e circonscription de Seine-Maritime. Comme les autres partis, celui de Macron mis à part, le Front national a pâti, entre autres, de l’abstention très importante. Mais cela ne signifie pas pour autant un recul de ses idées dans la classe ouvrière.

Or, pour tous ceux qui ont à cœur de défendre les intérêts du monde du travail, pour tous les travailleurs conscients qui rencontrent des électeurs du Front national au travail ou dans leur quartier, c’est bien là le vrai problème.

Il ne faut pas oublier non plus que, dans les circonscriptions les plus populaires, celles des départements de l’Aisne, ou du Nord et du Pas-de-Calais par exemple, ses résultats restent très importants en voix et en pourcentage. Ainsi, les candidats du FN seront présents au second tour dans toutes les circonscriptions de l’Aisne. Marine Le Pen recueille, quant à elle, 46,02 % des voix dans sa circonscription, la 11e du Pas-de-Calais, et 58 % des voix dans l’ensemble des bureaux de vote de la commune de Hénin-Beaumont.

Combattre l’influence des idées du Front national ne se fera sûrement pas dans les urnes, en soutenant par exemple les candidats étiquetés République en marche. Loin de faire barrage au FN, les fronts qui se mettent en place dans plusieurs circonscriptions où le candidat du FN se retrouve face à celui d’En marche ! ne feront que favoriser son influence, en lui permettant d’apparaître comme le principal opposant au parti de Macron.

Aux idées prônant le repli derrière les frontières, la division entre travailleurs, la guerre entre les pauvres, il faut opposer la conscience que les travailleurs ont des intérêts communs contre leurs seuls vrais ennemis, les capitalistes. Combattre vraiment le FN et ses idées ne peut se faire qu’en leur opposant les idées et les valeurs du mouvement ouvrier.

Aline RETESSE