Code du travail : la comédie du dialogue social

14 Juin 2017

Depuis le 12 juin, le cabinet de la ministre du Travail a commencé à rencontrer les organisations syndicales. Au total, chacune d’entre elles aura droit à six rendez-vous d’ici au 21 juillet, dans le cadre du simulacre de dialogue social censé accompagner la réforme du Code du travail mise en œuvre par le gouvernement.

Jusqu’au 23 juin, les discussions doivent aborder la question de « l’articulation de l’accord d’entreprise et de la convention de branche ». Autrement dit, il s’agit d’affranchir le patronat des quelques contraintes que prévoit encore la loi et de lui donner plus de possibilités de décider exclusivement au niveau de chaque entreprise le contenu du contrat de travail, les horaires, les salaires, le nombre d’heures supplémentaires et le niveau de leur paiement, voire même les conditions des licenciements.

« Nous avons cru comprendre qu’il pourrait y avoir un système qui permettrait à un accord d’entreprise de déverrouiller ce qu’aurait verrouillé l’accord de branche, ce qui ne nous satisfait pas vraiment », a déclaré un représentant de FO à l’issue de sa réunion au ministère du Travail, ajoutant que le dispositif présenté n’était pour le moment pas très clair.

En réalité, ce qui est très clair est la volonté du gouvernement d’aller encore plus loin que la loi El Khomri, pour donner satisfaction au patronat et lui permettre d’imposer de nouveaux reculs aux travailleurs. Au-delà des documents qui ont fuité ces dernières semaines, Macron tout au long de sa campagne ne l’a pas caché.

Pour cela, le calendrier est déjà bien établi, avec l’objectif d’aboutir avant le 21 septembre à la publication d’ordonnances entrant immédiatement en application. Les réunions programmées avec les négociateurs des organisations syndicales ont pour seul objectif de donner une apparence de dialogue social à ce passage en force. Elles ont aussi l’avantage d’occuper ces négociateurs avec des rencontres dans les ministères.

Le dirigeant de la CGT, Philippe Martinez, a certes déclaré que des mobilisations seraient nécessaires. Mais il a conclu en ajoutant qu’il attendait du gouvernement une véritable négociation. Une telle attitude ne contribue pas à aider les travailleurs à se préparer à se défendre, face à un gouvernement qui se prépare, lui, à livrer une offensive antiouvrière.

Pour se défendre contre cette nouvelle attaque, les travailleurs ne pourront compter que sur leurs mobilisations et sur leurs armes de classe, les grèves et les manifestations. C’est cette perspective qu’il est nécessaire de défendre dès aujourd’hui dans les entreprises et dans les quartiers populaires, afin de mettre en échec ce gouvernement, serviteur dévoué des intérêts du grand patronat.

Marc RÉMY