Whirlpool – Amiens : la grève impose des concessions10/05/20172017Journal/medias/journalnumero/images/2017/05/2545.jpg.445x577_q85_box-0%2C104%2C1383%2C1896_crop_detail.jpg

Dans les entreprises

Whirlpool – Amiens : la grève impose des concessions

Après des manifestations, des diffusions de tracts aux sorties des magasins commercialisant les sèche-linge et deux semaines de grève, les ouvriers de Whirlpool à Amiens ont imposé des concessions.

Selon l’intersyndicale, les indemnités légales et extra légales pourraient atteindre jusqu’à 80 000 euros pour 25 années d’ancienneté. Un budget de formation de 10 000 euros par salarié est prévu et les congés de reclassement sont allongés à 18 mois, voire 30 pour les plus de 55 ans. Les jours de grève sont payés.

Après avoir si longtemps enrichi leurs actionnaires, les salariés craignaient qu’ils ne cèdent le site à un repreneur qui à son tour aurait fermé rapidement, les laissant sans recours pour exiger le moindre centime de Whirlpool. Ils exigeaient aussi une grosse prime afin de faire face à un avenir incertain.

Cette rallonge conséquente consentie à l’issue de ce mouvement est donc un succès, mais il a un goût amer : il entérine la fermeture de l’usine. Une usine qui était un lieu d’exploitation, mais aussi un endroit où les salariés se sont côtoyés et ont lié des liens d’amitié pendant au minimum deux décennies. Une usine où ils avaient un gagne-pain et où, dans cette région industriellement sinistrée, l’avenir semblait assuré.

Les travailleurs n’auront arraché qu’une toute petite part du produit de leur exploitation, sans oublier l’argent extorqué pendant huit ans avec la suppression de 14 jours de RTT, le blocage des salaires et les quatre samedis travaillés gratuitement en échange de la promesse de conserver les emplois ! Il reste au moins la satisfaction de ne pas avoir permis au géant mondial de l’électroménager de les licencier sans rien débourser.

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