Devant Whirlpool : le banquier et la démagogue contre les travailleurs

03 Mai 2017

Mercredi 26 avril, Le Pen et Macron ont, chacun à sa façon, tenté d’exploiter la situation des ouvriers de l’usine Whirlpool d’Amiens dont le groupe a annoncé la fermeture au printemps 2018.

Macron s’est montré pour l’homme du patronat qu’il est : l’ancien banquier, l’ancien ministre de l’Économie de Hollande, défenseur de la loi El Khomri, est venu, encadré par un service d’ordre pléthorique, prôner la résignation aux ouvriers en leur expliquant qu’on ne peut pas empêcher les licenciements.

Face à ce politicien défendant ouvertement les intérêts patronaux, Le Pen a beau jeu d’essayer de se faire passer pour la candidate du peuple. Elle a pris des photos avec des ouvriers et promis qu’avec elle, l’usine ne fermerait pas.

Propose-t-elle d’interdire les licenciements ? Pas du tout. Comme le gouvernement Hollande, comme Macron, elle promet de trouver un repreneur, notamment grâce à de nouvelles baisses de cotisations. Cette politique, tous les gouvernements l’appliquent depuis des années. Les patrons empochent les aides de l’État, continuent de supprimer des emplois et le chômage continue à augmenter. Les salariés de Whirlpool sont bien placés pour en juger puisque le groupe aurait touché des dizaines de millions d’euros au titre du CICE.

Le Pen a évoqué une prise de participation temporaire de l’État, tout comme Montebourg en 2012 aux ouvriers de l’usine d’Arcelor Mittal à Florange. Toutes ces promesses n’engagent que ceux qui y croient et elles n’ont jamais empêché une usine de fermer.

Comme la direction organise la délocalisation de la production en Pologne, le FN met en avant la fermeture des frontières. Mais l’exemple de Whirlpool montre justement l’absurdité des mesures protectionnistes : les sèche-linge produits à Amiens sont vendus dans toute l’Europe de l’ouest et même aux États-Unis. Ce n’est pas la concurrence étrangère ou les travailleurs polonais qui suppriment les emplois, ce sont les patrons et les actionnaires. Ce sont eux qu’il faut combattre.

Le Pen essaie d’exploiter la colère des travailleurs dégoûtés de la gauche et de la droite. Ceux qui se tourneraient vers elle en croyant qu’on ne l’a pas essayée passeraient d’une illusion à l’autre et apporteraient leur soutien à leur pire ennemi.

Le Pen et ses sbires se proposent de servir les intérêts du grand patronat tout autant que Hollande et Macron. Mais en plus, elle répand le poison de la division entre les travailleurs, qu’ils soient dans des pays différents ou travaillent sur la même chaîne.

Nicolas CARL