Attentats : ceux qui s’en servent

26 Avril 2017

L’assassin d’un policier le 20 avril sur les Champs-Élysées est-il un terroriste islamiste, ou un déséquilibré habité d’une haine maladive contre la police ? Toujours est-il qu’il a ouvert un vrai boulevard aux candidats de la droite et de l’extrême droite, leur permettant de dérouler leur démagogie sécuritaire.

Fillon a vu des attentats partout. Le soir même, lors des « 15 minutes pour convaincre », il a affirmé que plusieurs attaques étaient en cours à Paris. Il persistait le lendemain, malgré les démentis de la police : « Il y a eu d’autres attaques hier soir. » Et il s’est présenté comme le champion de la lutte contre le « totalitarisme islamique ».

Quant à Marine Le Pen, reprenant la revendication fantaisiste de l’attaque par Daech, elle a clamé : « Nous savons que l’État islamique a envoyé au moins un terroriste, (…) toujours dans la nature, donc le danger est maximum. » Et de répéter qu’il faut rétablir les frontières dans l’espace Schengen et expulser tous les étrangers fichés S.

Il n’y a eu qu’une attaque, l’assassin n’était pas fiché S et il est français ? Qu’importe, du moment que cela permet à ces politiciens d’appeler à davantage de répression, de désigner le migrant ou l’étranger comme l’ennemi, et de diviser les travailleurs en fonction de leur origine ou de leur religion.

Vincent GELAS