Toulouse-le Mirail : non à la fermeture de deux collèges !25/01/20172017Journal/medias/journalnumero/images/2017/01/2530.jpg.445x577_q85_box-0%2C104%2C1383%2C1896_crop_detail.jpg

Leur société

Toulouse-le Mirail : non à la fermeture de deux collèges !

Sous prétexte de promouvoir la mixité sociale, le conseil départemental de la Haute-Garonne et le ministère de l’Éducation nationale ont décidé de fermer deux collèges dans l’un des quartiers les plus défavorisés de la ville de Toulouse, et d’envoyer les élèves dans d’autres quartiers de la ville et au-delà, en attendant l’hypothétique construction de nouveaux établissements à la périphérie de ce quartier du Mirail.

Jeudi 19 janvier, les enseignants des collèges Raymond-Badiou et Bellefontaine, dans ce quartier populaire, étaient à nouveau en grève et rassemblés devant la préfecture pour dénoncer la fermeture de ces deux établissements.

Ce jour-là, une réunion avec l’inspection académique et des élus du conseil départemental était aussi organisée. Plus de 150 parents, élèves et enseignants s’y sont rendus. Les représentants de l’inspection se sont défilés et ne sont pas venus à la réunion, ce qui en dit long sur le mépris de ces gens-là vis-à-vis des habitants du quartier. D’ailleurs, comme le disait un parent d’élève : « Vous n’avez pas le courage de demander aux parents du centre-ville qu’au nom de la mixité leurs enfants fassent une heure de bus pour se rendre au collège, mais vous avez le courage de nous l’imposer à nous ! »

La question qui revenait le plus de la part des parents était : pourquoi ne pas attendre la construction des nouveaux collèges promis, avant de fermer ceux du quartier ? Selon Marie-Claude Leclerc, vice-présidente de la commission permanente chargée de l’éducation, « il fallait agir. Dans une société ébranlée par la montée des extrémismes et par les phénomènes de radicalisation, la question du vivre ensemble doit être pensée et traitée dès l’école ».

Ils nous parlent de mixité et de vivre ensemble alors qu’ils ont consciemment laissé pourrir ces quartiers et retiré progressivement des moyens à ces collèges. Ils déclarent vouloir agir vite, mais les terrains où devraient être construits les nouveaux collèges ne sont même pas encore achetés ! Les représentants du conseil départemental disent qu’il y aurait 3 000 places libres dans les collèges du département. Or, le collège de Tournefeuille, un de ceux choisis pour accueillir les élèves du Mirail, accueille déjà 650 élèves alors que sa capacité n’est que de 600 élèves. Le collège a dû faire la demande de pose de préfabriqués cette année pour accueillir tout le monde, alors l’année prochaine comment va-t-il faire ?

La seule chose qui presse en réalité ce sont les économies sur le dos des populations défavorisées qui seront réalisées en fermant ces établissements.

Les parents d’élèves organisent mardi 31 janvier un rassemblement pour refuser la fermeture des collèges et demandent au conseil départemental et au rectorat qu’ils s’engagent au contraire à les améliorer et à mettre les moyens financiers et humains nécessaires pour la réussite des élèves.

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