Procès AZF : quinze ans après, toujours le même mépris pour les victimes25/01/20172017Journal/medias/journalarticle/images/2017/01/p7_AZF-24janv_C_LO.jpg.420x236_q85_box-0%2C15%2C800%2C465_crop_detail.jpg

Leur société

Procès AZF : quinze ans après, toujours le même mépris pour les victimes

À l’occasion du troisième procès AZF, qui s’est ouvert le 24 janvier à Paris, la fédération CGT chimie a organisé la veille un rassemblement devant la tour Total à la Défense. Plusieurs délégations de syndicats de Total et de la chimie étaient représentées.

Illustration - quinze ans après,  toujours le même mépris pour les victimes

Le porte-parole de la fédération a rappelé devant les 150 personnes rassemblées la responsabilité de Total dans la catastrophe qui, rappelons-le, a tué 31 personnes (salariés, sous-traitants et riverains), blessé des milliers d’autres et balayé les quartiers populaires de Toulouse, faisant des dizaines de milliers de sinistrés.

Il est vrai que l’attitude dilatoire de la direction de Total depuis 2001 a bénéficié de la complicité de la justice, qui a cassé le jugement en appel de 2012 tout en condamnant l’industriel. C’est que les responsables de Total s’acharnent à se soustraire à toute condamnation, sans lésiner sur les millions, avec des armées d’experts et d’avocats ainsi que de plumitifs plus ou moins journalistes. S’ils agissent ainsi, ce n’est pas pour éviter l’amende symbolique que la justice leur a déjà infligée lors de l’appel. Pour eux, il s’agit d’une question de principe : ils se considèrent intouchables et entendent bien le demeurer.

C’est aussi pour cela que bien des sinistrés, salariés ou riverains, considèrent que si la justice condamnait les dirigeants de Total, même partiellement, ce serait une victoire.

Le 24 janvier, lors de l’ouverture du procès devant la cour d’appel dans la capitale, mais aussi à Toulouse où celui-ci était retransmis dans une salle, l’Association des sinistrés du 21 septembre et l’association Plus jamais ça, organisaient des rassemblements pour rappeler notamment que ce procès, ayant lieu à Paris, ne permettait pas réellement aux victimes d’y être présentes. Ce choix, comme l’exiguïté de la salle d’audience elle-même, alors qu’il y a 2 700 parties civiles, ou l’insuffisance des micros rendant inaudibles beaucoup d’interventions, sont bien révélateurs du mépris à l’égard des victimes... mépris qui dure depuis quinze ans. Et la trentaine de manifestants, eux, ont voulu se faire entendre devant les médias présents pour l’occasion.

Alors, quinze ans après, certains se demandent encore si on connaîtra un jour la vérité sur les circonstances de l’explosion. Mais en fait cette vérité est connue : Total, en bon capitaliste, a fait passer les profits avant la sécurité. Un travailleur d’AZF l’avait rappelé à la barre du procès de 2012 : « Le patron se souciait beaucoup plus de la sécurité de la production que de celle de la gestion des déchets. Et c’est la poubelle de l’usine qui a explosé. Quel patron se soucie de sa poubelle ? »

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