Hamon-Valls : duel de cirque

25 Janvier 2017

Maintenant que l’on connaît les deux protagonistes qualifiés pour le second tour de la primaire de la gauche, il s’agit de maintenir le suspense.

La première partie de la pantomime n’ayant obtenu qu’un accueil nettement au-dessous des espoirs des principaux compétiteurs, comme des montreurs d’images que sont les réalisateurs de la télévision et les journalistes, tout est fait pour dramatiser l’enjeu du prochain épisode, à la manière de ces parades de cirque qui, en fanfare, nous annoncent le combat du siècle.

Ce sera, nous dit-on, l’affrontement de « deux gauches irréconciliables ». Sauf que ces deux gauches, si l’on ose encore employer ce terme, ont cohabité des années durant dans un même parti, et de longs mois dans un même gouvernement. Et gageons qu’elles sauront le faire de nouveau si les circonstances les y obligent.

Même si, comme on l’a annoncé, le débat du mercredi 25 janvier entre ces deux gladiateurs de salon s’avère féroce (verbalement s’entend), cela ne fournira guère d’indications sur ce qui se passera au soir du second tour de cette primaire.

Le vaincu se ralliera-t-il au vainqueur, comme cela s’est fait à l’issue de la primaire de la droite ? Valls, interrogé sur France info sur son attitude en cas de défaite, a refusé de fournir une réponse, laissant place à toutes les spéculations. Quant à Hamon, il continue à faire campagne sur le revenu universel, en expliquant désormais qu’il faudra des années pour le mettre pleinement en application. Cette façon habile de procéder a le double avantage de le faire apparaître comme un innovateur à bon compte, tourné vers un avenir mal défini, mais surtout de ne pas le faire s’engager sur les problèmes immédiats, concrets, tangibles, concernant les classes populaires et le monde du travail.

Au-delà, ce duel annonce-t-il la fin du PS tel qu’il se survit aujourd’hui, comme l’évoquent nombre de commentateurs et comme le souhaitent à la fois Macron et Valls ? On ne peut, à terme, exclure une telle hypothèse. Mais, quelle que soit l’issue de ce mélodrame artificiel, le monde du travail, l’ensemble des classes populaires, n’auront rien à y gagner. Encore moins à y perdre. Car leur avenir ne peut être laissé entre les mains de ces politiciens qui sont capables de se dire, selon les aléas de leur carrière et de leur ambition, plus à droite un jour et le lendemain plus à gauche.

Cet avenir, les travailleurs doivent le construire en ne comptant que sur leurs propres forces, en formant un parti qui soit non seulement à leur service, mais qui soit véritablement le leur, qui soit un outil destiné à combattre sans faiblesse le patronat et ses serviteurs, tout en se gardant de tous ceux qui les ont trompés et trahis dans le passé… et qui sont prêts à recommencer demain.

Jean-Pierre VIAL