Touche pas à ma ZEP : le mouvement redémarre04/01/20172017Journal/medias/journalarticle/images/2017/01/p7_Touche_pas_a_ma_ZEP-93_C_LO.jpg.420x236_q85_box-0%2C75%2C800%2C525_crop_detail.jpg

Leur société

Touche pas à ma ZEP : le mouvement redémarre

La rentrée de cette nouvelle année 2017 ne s’est pas effectuée sans accroc : des lycées des banlieues populaires ont déclenché un mouvement de grève reconductible sur la question de l’Éducation prioritaire.

Illustration - le mouvement redémarre

24 lycées étaient représentés à l’assemblée générale d’Île-de-France, réunie le 3 janvier à la Bourse du travail de Paris. À Marseille, où le mouvement est bien suivi, sept établissements étaient présents à l’assemblée de ville, deux lycées étaient complètement fermés. Les deux assemblées générales ont reconduit la grève pour le 4 janvier. Une nouvelle journée de mobilisation et de manifestation est également prévue le 5 janvier, à Paris comme à Marseille.

Pour les salariés de ces lycées, l’enjeu est de taille. En rayant les lycées de la carte de l’Éducation prioritaire, le gouvernement socialiste a ouvert un boulevard à son successeur. C’est la porte ouverte à la suppression de tous les moyens supplémentaires dont disposent ces lycées notamment en termes de postes d’assistants sociaux et d’infirmiers. Pour les lycées généraux, les classes de seconde, limitées actuellement à 30 élèves, pourraient passer à 35 ; pour les lycées professionnels de 24 à 30 élèves. Ces lycées disposent aussi d’une dotation horaire plus favorable, permettant à toutes les classes d’avoir par exemple deux professeurs principaux au lieu d’un.

D’autre part, et ce n’est pas négligeable, les enseignants comme le personnel administratif et le personnel d’entretien touchent une prime, parce que le métier y est plus pénible. Alors, cela explique que la mobilisation, certes encore minoritaire, gagne du terrain. Pour les grévistes, la prochaine étape est donc d’élargir le mouvement à tous les lycées des quartiers en difficulté, y compris à ceux qui ne bénéficiaient pas des dispositifs en faveur de l’Éducation prioritaire.

La ministre de l’Éducation nationale a cédé sur la prime, qui est prorogée jusqu’en 2019. Elle a prétendu distribuer 450 postes aux lycées en difficulté, mais en réalité, elle les a pris à d’autres lycées, ce qui est scandaleux. Elle prétend soutenir les grévistes, affirmant les comprendre, mais elle leur a déclaré qu’ils devront s’adresser à celui qui sera élu en 2017 ! Les grévistes ont déjà prévu un prochain temps fort, en région parisienne, mardi 10 janvier, histoire de montrer qu’ils ne désarmeraient pas.

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