Primaire de la gauche : duel entre ex-ministres

04 Janvier 2017

Il faudra attendre le 29 janvier pour connaître le nom de celui qui portera les couleurs du PS dans la prochaine présidentielle. On ne sera alors qu’à douze semaines du premier tour de ce scrutin. Autant dire dans la dernière ligne droite.

Avant même de connaître l’identité du gagnant de cette loterie, on sait que ce sera un homme, puisque la seule femme en lice n’a que peu de chances de l’emporter. Et que ce sera un ex-ministre de Hollande, car les quatre favoris l’ont tous été. Et, de ce fait, ils ont activement contribué à la politique subie par le monde du travail. Il leur faut donc se débarrasser de toute urgence de ce passé, tout récent pour Valls, un peu moins pour Montebourg, Hamon, Peillon. D’où une confrontation entre eux, faite essentiellement d’insinuations, de petites phrases perfides. Il leur faut en effet à la fois se distinguer les uns des autres, sans laisser croire qu’ils renient leurs exploits gouvernementaux. On peut leur faire confiance, ces bateleurs ont du métier. Ils sauront trouver les mots justes et les bonnes formules pour résoudre cette délicate équation.

Pour l’instant, ils égrènent leurs annonces afin de tenir les électeurs en haleine, en alimentant les gazettes jusqu’aux shows télévisés qu’annoncent les médias.

Ainsi, Montebourg vient de rendre public son état-major de campagne, dans lequel figure Guy Bedos qui, dans une pirouette, conteste l’information, tout en la confirmant, mais aussi Jean-Pierre Chevènement, souverainiste affiché, pour ne pas dire cocardier assumé, ancien ministre de l’Intérieur à poigne de Jospin.

Hamon, lui, essaie de se positionner à la gauche de ce quarteron d’ex-ministres. Il découvre tout d’un coup que « sans partage organisé du temps de travail, nous ne parviendrons pas à lutter contre le chômage ». Mais il se garde bien de s’expliquer sur la façon dont il organisera ce partage, et surtout comment il l’imposerait au patronat.

Valls et Peillon, eux, affirment se situer dans la continuité de Hollande, tout en essayant de s’en démarquer. Valls, après sa ridicule et peu crédible déclaration sur son abandon du 49-3, vient de changer son slogan de campagne, remplaçant le « Faire gagner tout ce qui nous rassemble » par « Une République forte, une France juste », ce qui est nettement plus dans la ligne du personnage. Peillon, tout comme Valls, promet de porter le budget de l’armée à 2 % du PIB, exactement ce que réclame l’état-major.

Voilà un échantillon de ce que l’on trouve dans la hotte des principaux postulants de cette primaire, que l’on ose qualifier de gauche. Rien de marquant qui les distingue les uns des autres, ni même de la politique antiouvrière qu’ils ont menée tous en chœur.

Jean-Pierre VIAL