Clermont-Ferrand : la crise chez les agriculteurs

04 Janvier 2017

Récemment, un groupe d’agriculteurs, ayant à leur tête les présidents du Cantal et de la Haute-Loire de la FNSEA, sont venus manifester à Clermont-Ferrand pour qu’on leur verse des aides financières promises depuis 2015.

C’est l’ASP, l’Agence des services des paiements, qui est chargée des versements agricoles. Les retards importants, près de deux ans, seraient dus aux effectifs insuffisants mais aussi aux difficultés de fonctionnement d’un matériel informatique fourni par le ministère de l’Agriculture mais qui s’avère inadapté.

Les conséquences sont dramatiques pour au moins un millier d’agriculteurs qui attendent leur chèque promis par la PAC, la Politique agricole commune.

Cette situation concerne beaucoup d’exploitations. Certes, toutes ne sont pas touchées par la crise. Ainsi la filière céréalière de même que celle des betteraves et des pommes de terre s’en tirent plutôt bien, avec une hausse de leurs revenus de plus de 20 % par rapport à l’année précédente.

En revanche, les éleveurs de bovins, avec leur production de viande et surtout de lait, subissent la crise, aggravée par les grands groupes comme Lactalis qui leur achètent le litre de lait à un prix dérisoire. La fin des quotas laitiers européens a provoqué un surplus d’excédents, que ce système capitaliste essaie de limiter en envoyant à l’abattoir de plus en plus de vaches laitières. Quant aux éleveurs, on ne leur paie même plus les carcasses.

D’après les syndicats agricoles, huit à dix mille paysans ayant des factures de fourrage, engrais et matériels qu’ils ne pourront jamais régler, se verraient ainsi contraints d’abandonner leur ferme.

Ce serait la moindre des choses que les aides de la PAC de 2015 leur soient versées immédiatement. Car, autre absurdité, pour pouvoir verser les aides de 2016 qui s’achève, il faut avoir soldé celles de 2015 !

On comprend le désespoir mêlé à la colère de ces agriculteurs malmenés par le système, alors que, dans le même temps, une minorité de gros propriétaires liés aux banques, dont le Crédit agricole, se tirent aisément d’affaire.

Correspondant LO