Arc International – Arques : tout pour réduire les coûts

04 Janvier 2017

Fin décembre, la direction d’Arc International a annoncé sa volonté de réduire les coûts. Cette usine, qui fabrique de la vaisselle à Arques, dans le Pas-de-Calais, a déjà fait l’objet, en 2015, d’un plan de sauvetage dans lequel l’État s’est grandement impliqué, comme l’a rappelé Hollande lors de sa visite en novembre dernier.

À cette occasion, il s’est vanté de la création de la Banque publique d’investissement, du Pacte de responsabilité, du Crédit d’impôt pour la compétitivité et l’emploi, du Crédit impôt recherche, toutes mesures prises par le gouvernement socialiste qui ont permis à des dizaines de millions d’euros d’affluer dans les caisses des actionnaires.

Lors de ce prétendu sauvetage, une centaine de travailleurs y ont laissé leur emploi et, pour les 5 400 salariés restants, les conditions et les rythmes de travail se sont amplement dégradés, avec des pertes de RTT, des heures supplémentaires obligatoires, l’augmentation du temps de travail, la chasse aux postes aménagés, les pressions.

Juste avant les fêtes de fin d’année, la direction a communiqué sur les résultats qui seraient insuffisants et imposeraient de réduire de 10 % par personne le nombre de secondes pour produire une pièce, d’améliorer les rendements de 4 % et de réduire les coûts de logistique. Cela s’ajoute aux informations que la direction distille depuis des mois, par le biais du comité d’entreprise, informations qui n’ont d’autre but que d’alarmer les travailleurs.

Une des inquiétudes des salariés porte sur le fait que des machines ont été hypothéquées : de propriétaire des machines, le patron en est devenu locataire. Pour les ouvriers, l’hypothèque est synonyme de situation délicate. Mais cette opération a permis aux actionnaires de récupérer le cash dont ils sont friands.

C’est la même logique qui fait que le parc de machines est rafistolé avec les moyens du bord, car les magasins de pièces sont quasiment vides. Quant aux bâtiments et aux infrastructures, ils sont en grande majorité vétustes et entretenus au minimum, sauf le four que visitent les Montebourg, Macron, Hollande et autres Xavier Bertrand, accompagnés par les médias. Les capitaux récupérés grâce à toutes les aides publiques ou économisés sur le dos du matériel productif, ouvriers compris, sont manifestement investis ailleurs. Sur quels marchés financiers ?

C’est cette logique qui prime aussi dans la volonté de réduire les stocks au maximum. Les machines, les stocks ne représentent pour les actionnaires que du capital bloqué, du capital mort. Ils veulent du capital disponible, pour le faire fructifier sur des marchés qui rapportent à court terme. Car l’intérêt de l’usine pour ses propriétaires n’est pas la production de vaisselle, mais celle de profits immédiats.

Exploiteurs, assistés, parasites et rapaces : à exproprier !

Correspondant LO