Violences faites aux femmes : le scandale continue

30 Novembre 2016

En 2015, les violences que subissent les femmes demeurent largement impunies en France.

Selon une enquête de l’Institut national d’études démographiques, une femme sur sept a été victime dans sa vie de violence sexuelle.

C’est dans le cadre des relations privées avec la famille et les proches que l’essentiel des viols se produisent. Pourtant, seules 10 % des victimes déposent une plainte. Mais il n’est pas surprenant que les victimes ne choisissent pas de s’exposer dans ces procédures judiciaires et publiques, car 90 % des plaintes sont classées sans suite et seuls 2 % des auteurs sont sanctionnés. Delphine Driguez, de l’association Avocats femmes et violences, s’explique ainsi : « Devant la justice, un viol conjugal est très difficile à prouver car il se déroule dans l’intimité, et le bénéfice du doute profite toujours à l’accusé. Peu de femmes osent aussi en parler. »

Dans le domaine des violences conjugales, qui ont tué plus de dix femmes par mois en 2015, il faut souvent plusieurs interpellations avant que l’auteur ne soit sanctionné. « C’est au bout de la dixième plainte que les choses commencent à bouger », rapporte l’avocate.

Cette justice est à l’image de la société et de ses préjugés machistes. Comment, dans une société où des femmes ont pu subir des agressions sexuelles dans une émission télévisée, où les femmes politiques qui subissent harcèlement et réflexions machistes mettent des années à les dénoncer, où l’oppression des femmes est banalisée au quotidien, pourrait-il en être autrement ?

Il a fallu tout au long du siècle passé que les femmes combattent contre les esprits misogynes qui les rendaient mineures dans le mariage, qui ne leur donnaient pas le droit de vote, pas le droit de disposer de leur propre corps. D’autres luttes restent à mener pour conquérir l’égalité réelle des droits et débarrasser la société de son fatras de préjugés et comportements rétrogrades.

Léna PIGALLI