Trump : étrange champion des droits de l’homme

30 Novembre 2016

À l’annonce de la mort de Castro, Donald Trump, le futur président des États-Unis, a annoncé qu’il comptait mettre fin au rapprochement avec Cuba si son gouvernement ne donnait pas plus de contreparties en matière de droits de l’homme.

Si Trump est soucieux des droits de l’homme à Cuba, il devrait commencer par agir dans l’enclave américaine de Guantanamo. Car c’est dans cette enclave d’origine coloniale que les États-Unis parquent des prisonniers de guerre, depuis 2001, sans jamais les juger, sous prétexte que cela se passe en dehors de leurs frontières. Plus de 750 personnes s’y sont retrouvées.

Ajoutons que, si la peine de mort figure dans le code judiciaire cubain, il n’y a pas eu d’exécution capitale dans l’île depuis 2001 et la dernière condamnation à mort a été commuée en peine de prison. Pendant cette période, des exécutions capitales ont eu lieu par dizaines aux États-Unis. Aux USA, où par ailleurs la police exécute si souvent des Noirs dans la rue, Trump aurait tout loisir d’améliorer les droits de l’homme.

Et si Trump est gêné par le rapprochement avec Cuba, il n’a pas l’air de s’offusquer des relations cordiales des États-Unis avec l’Arabie saoudite, entre autres, pays champion en matière d’exécutions.

A.V.