Primaires de la gauche : sauve qui peut !

30 Novembre 2016

Vu les records d’impopularité de Hollande et la défaite qu’ils prévoient pour leur camp en 2017, les représentants de la gauche gouvernementale s’agitent dans tous les sens pour tenter de sauver leur avenir.

Certains ont jugé depuis longtemps qu’ils mèneraient mieux leur barque en l’éloignant du PS, après lui avoir fourni des ministres. C’est le cas pour Mélenchon et Macron, tous deux candidats proclamés à la présidentielle sans passage par la case « primaire de la gauche ». Il en est de même du candidat d’EELV. Les Radicaux de gauche n’y participeront pas non plus, même s’ils ont encore des ministres au gouvernement.

D’autres choisissent de rester au PS, ou à ce qu’il deviendra. Car leur carrière politique est liée à cet appareil, à ses réseaux, à la visibilité et aux moyens qu’il leur fournit, et chacun doit bien intégrer dans ses calculs l’avenir qu’il prédit au PS pour préparer le sien. Et si ce n’est pour la présidentielle de 2017, ce sera pour la suite.

Ils sont déjà six à avoir annoncé leur participation à la primaire, de l’ex-ministre Montebourg à l’ex-Vert de Rugy et l’ex-Vert et ex-Modem Bennahmias, en passant par les « frondeurs » Filoche, Hamon et Lienemann. Deux autres laissent planer le doute sur leur participation : Hollande et Valls. Les deux jouent à « je te tiens, tu me tiens » et chacun tente de faire monter le suspense tout en profitant de sa position à la tête de l’exécutif pour travailler son image d’homme d’État.

Le point commun de tous ceux-là est d’avoir soutenu au début, au milieu ou à la fin la politique du gouvernement Hollande et de n’avoir rien d’autre à proposer qu’un nouveau gouvernement qui gèrera les affaires du capitalisme. En fait, le seul argument qui leur reste est la peur de la droite et de l’extrême droite, et l’idée qu’avec ceux-là ce sera encore pire.

Ces politiciens nous offrent en guise de début de campagne un spectacle ridicule, où ils voudraient nous distraire par des costumes à paillettes et des tours de bonneteau. Et pour cause, car s’ils jouent là leur carrière, ils n’ont rien à dire sur le fond : ni sur la défense des intérêts des travailleurs, ni sur le bilan qu’ils tirent du quinquennat de Hollande et sur la politique qu’ils proposent.

Nicolas CARL