PCF : à nouveau au service d’un politicien bourgeois

30 Novembre 2016

Selon le PCF, sur quelque 41 000 adhérents qui ont voté du 24 au 26 novembre, 53,6 % se sont prononcés pour un ralliement à la candidature de Mélenchon à la présidentielle.

Le secrétaire national, Pierre Laurent, s’est voulu rassurant pour les militants qui n’apprécient pas le mépris dont Mélenchon fait preuve à leur égard, en annonçant que son parti allait continuer à faire entendre sa voix en préservant une « autonomie critique et constructive ». Mais, derrière les mots, il reste le ralliement du PCF à un politicien en rupture avec le PS, non pas à cause de sa politique de gestion du système capitaliste, mais pour les exigences de son propre plan de carrière. Il est vrai que le ralliement du PCF à Mélenchon n’est pas une première : c’était déjà le cas à la présidentielle de 2012, avant un ralliement sans état d’âme à Hollande au second tour.

Quant aux militants qui voulaient autre chose, le parti ne proposait que la solution d’un candidat étiqueté PCF certes, mais susceptible de se retirer devant un Montebourg ou tout autre socialiste ne valant pas mieux que Mélenchon, et pour seule perspective une alliance avec le PS pour les législatives. C’était la même impasse.

Depuis des décennies, la seule politique offerte aux militants du PCF par la direction de leur parti est un ralliement systématique à des politiciens bourgeois, de Mitterrand à Jospin. Cette fois encore, ils vont apporter leur caution à un politicien qui, pour tout radicalisme, propose de limiter les écarts de salaire dans les entreprises, sans dire un mot sur les dividendes des actionnaires, et qui fait la guerre aux journalistes au nom de la lutte contre les élites. Cette démagogie dans le rôle du tribun fort en gueule peut plaire, mais elle ne fait que masquer le vide du programme et ne sort jamais du cadre bien huilé des institutions politiques de la bourgeoisie. Quant à changer le numéro de la République, cela ne changera rien au pouvoir des capitalistes.

Mélenchon ne néglige pas non plus la veine nationaliste et xénophobe. Il l’a fait notamment au Parlement européen le 5 juillet dernier, en accusant les travailleurs détachés de « voler leur pain aux travailleurs qui se trouvent sur place » ! « Il va de soi que je ne retire rien », a-t-il confirmé dans une mise au point le 2 novembre.

À chercher un sauveur parmi les hommes politiques bourgeois se prétendant de la « vraie gauche », les militants du PCF ne se préparent que de nouvelles désillusions. Sauf à renouer avec la seule perspective qui vaille : la classe ouvrière reprenant confiance dans sa propre force collective.

Jean SANDAY