Le Pen et Fillon : en concurrence contre les travailleurs

30 Novembre 2016

Réagissant à la victoire de Fillon aux primaires de droite, la dirigeante du Front national, Marine Le Pen, a déclaré : « C’est le pire programme de casse sociale qui ait jamais existé. Jamais aucun candidat n’est allé aussi loin dans la soumission aux exigences ultra-libérales de l’Union européenne. » Son second, Florian Philippot, a ajouté : « La mondialisation sauvage a son candidat, il s’appelle François Fillon. »

Sur le même axe, le directeur de campagne de Le Pen, David Rachline, mettait lui aussi en garde contre « une terrible régression économique et sociale pour les familles, les classes moyennes et populaires » que représenterait la victoire de François Fillon. Et de citer pêle-mêle la hausse de deux points de la TVA, un « impôt injuste », la durée du travail qui pourrait être portée jusqu’à 48 heures, la « précarisation des salariés et des femmes en particulier », la « destruction des services publics par le non-remplacement de 500 000 fonctionnaires », le « saccage en règle du principe de solidarité ».

Le FN, ce parti dirigé par une famille de millionnaires, se pose en défenseur des classes populaires. Il se dit soucieux des intérêts des ouvriers, alors qu’il regroupe les courants les plus viscéralement anticommunistes, antisyndicats et antigrèves, comme il l’a montré aussi bien au moment des manifestations contre la loi travail que lors de l’épisode de la chemise du DRH d’Air France. Et, en s’attaquant aux travailleurs immigrés, il s’attaque à l’ensemble de la classe ouvrière qu’il affaiblit en la divisant.

Le public réactionnaire, xénophobe et raciste ne s’y trompe pas et reconnaît les siens. Si la démagogie du FN peut trouver un écho dans une partie des couches populaires, la responsabilité en incombe d’ailleurs en grande partie à la gauche qui, à chaque fois qu’elle est arrivée au pouvoir, a contribué à les écœurer et à les désorienter en menant une politique antiouvrière.

Marine le Pen et les siens peuvent plaindre hypocritement le sort réservé au monde du travail par un Fillon. Mais, en désignant les fonctionnaires de Bruxelles comme les responsables du chômage et de l’appauvrissement des travailleurs, ils cherchent à détourner la colère des masses des vrais responsables de la situation, les grands capitalistes et les banquiers, y compris bien français, les classes riches qui sont les vrais maîtres de la société. Et en cela, ils sont absolument comme les autres politiciens, tous candidats pour se mettre au service des intérêts de la bourgeoisie.

Paul SOREL