La Commune : le PS travestit l’histoire

30 Novembre 2016

Les députés ont voté le 29 novembre un texte initié par le PS visant à réhabiliter les victimes de la répression contre la Commune de Paris, en 1871.

La Commune fut, à la fin de la guerre franco-prussienne de 1870, la première tentative de la classe ouvrière de prendre le pouvoir pour transformer la société. À Paris, de mars à mai 1871, les travailleurs en armes exercèrent directement le pouvoir, contrôlant des élus révocables à tout moment, qui percevaient l’équivalent du salaire d’un ouvrier. Les étrangers étaient électeurs, éligibles et élus. L’État ainsi institué était celui des travailleurs : il annula les dettes des pauvres, encadra les loyers, encouragea les ouvriers à organiser la production, la distribution, le fonctionnement quotidien de toute la société. Naturellement, il sépara l’Église de l’État et institua l’école pour tous.

Réhabiliter les combattants de la Commune victimes de la répression serait donc la moindre des choses. Mais, pour le PS, il ne s’agit que d’une opération politique dérisoire pour les besoins de laquelle il travestit les faits, transformant les Communards en défenseurs et inspirateurs de cette République intemporelle que le PS voudrait incarner aujourd’hui.

Or, loin d’être un mouvement « républicain », la Commune s’est insurgée contre la République née le 4 septembre 1870. Cette dernière avait pour politique de désarmer les travailleurs parisiens, de conforter la propriété privée, de laisser les banquiers s’enrichir de la défaite comme ils l’avaient fait de la guerre. C’est bien la République, troisième du nom, qui bombarda Paris et réprima les Communards au prix de dizaines de milliers de morts, sur les barricades ou fusillés sans procès. Des milliers d’autres furent emprisonnés, déportés, contraints d’émigrer. La répression de la Commune de Paris est restée l’exemple même de la vengeance de la bourgeoisie tremblant pour sa propriété. Arguer de la défense de la République pour réhabiliter les Communards, c’est trahir honteusement leur combat, mêler fusilleurs et fusillés, associer les prolétaires à leurs oppresseurs.

Les députés PCF ne se sont pas grandis en acceptant de participer à cette mascarade. Les députés de droite et d’extrême droite ont tenu leur place d’héritiers légitimes des massacreurs d’ouvriers en votant contre la proposition tandis que le PS apportait sa contribution à travestir l’histoire.

Paul GALOIS