Hollande à Madagascar : une autre guerre coloniale au compte du PS

30 Novembre 2016

Lors du sommet de la francophonie organisé à Madagascar les 26 et 27 novembre, Hollande a tenté d’échapper à l’actualité électorale et de restaurer sa popularité, au moins en dehors de l’Hexagone.

En évoquant l’insurrection indépendantiste de 1947, à l’époque où Madagascar était une colonie française, Hollande a reconnu qu’elle fut brutalement réprimée par la France, et a rendu hommage aux milliers de morts victimes de la répression. Il s’est ainsi présenté à bon compte, près de 70 ans après les faits, comme un dirigeant dénonçant les crimes coloniaux de son propre pays, sans trop rentrer cependant dans les détails de ces événements.

Ce que Hollande n’a pas évoqué, c’est que le gouvernement français de l’époque était à direction socialiste. La demande d’autonomie déposée par les députés malgaches du Mouvement démocratique de rénovation malgache (MDRM) en mars 1947 fut ignorée par les autorités françaises. Fin mars, des grèves éclatèrent, puis l’insurrection s’étendit à toute une partie de l’île. L’armée française intervint alors, l’état de siège fut déclaré. Trois mille militants du MDRM furent arrêtés et torturés. La révolte ne fut définitivement écrasée que fin 1948. L’état-major lui-même reconnut 89 000 morts. Ramadier, le Premier ministre SFIO, le Parti socialiste de l’époque, conduisit la répression. En janvier 1951 François Mitterrand, alors ministre de la France d’outre-mer, indiquait dans un discours que « l’avenir de Madagascar est indissolublement lié à la France », credo qu’il réaffirma pour l’Algérie quelques années plus tard.

Madagascar n’accéda à l’indépendance qu’en 1960. Mais, en même temps que l’insurrection malgache de 1947, s’ouvrait l’ère des révoltes et des luttes pour l’indépendance, de l’Indochine à l’Algérie, qui ébranlèrent le colonialisme français, malgré l’empressement mis à le servir par les gouvernements socialistes.

Gaëlle Regent