Fillon : l’homme de l’emploi

30 Novembre 2016

Fillon a réussi à rassembler sur son nom les deux tiers des 4,4 millions d’électeurs de droite qui se sont déplacés à nouveau massivement, pour le second tour de la primaire de la droite et du centre. Il a pour cela levé bien haut le drapeau des idées réactionnaires et de tous ceux qui estiment naturel de faire travailler encore plus dur les salariés, pour préserver leurs privilèges.

Il a réussi à capter un électorat trouvant Juppé trop mou à son goût, et qui ne supportait plus un Sarkozy lesté de casseroles judiciaires. Arriver à se faire passer pour un homme sans lien avec l’ancien locataire de l’Élysée a été un beau tour de passe-passe pour celui qui fut le Premier ministre de Sarkozy pendant tout son quinquennat.

Fillon avait déjà sévi au gouvernement avant 2012. Ministre sous Balladur dès 1993, puis sous Chirac en 1995, c’est lui qui avait ouvert le marché des télécommunications aux entreprises privées et préparé la privatisation de France Télécom. Ministre des Affaires sociales en 2003, il avait défendu jusqu’au bout la réforme des retraites faisant passer la durée de cotisation à 40 ans dans la fonction publique et à 42 ans dans le privé.

Un des rédacteurs du programme de Sarkozy pour 2007, Fillon fut ensuite nommé chef du gouvernement. C’est lui qui mit en musique pendant cinq ans les attaques contre le monde du travail : la suppression de 150 000 postes de fonctionnaires, le passage de l’âge légal de départ à la retraite à 62 ans, les hausses de la TVA, des taxes sur les mutuelles et du forfait hospitalier, sans parler des coupes dans tous les budgets des services utiles à la population.

Fillon mit aussi en place le bouclier fiscal pour les grandes fortunes, et multiplia les cadeaux pour les grandes entreprises, les banques et les assurances, leur permettant de traverser la crise de 2008 en continuant à distribuer des dividendes considérables à leurs actionnaires.

Après cinq ans de gouvernement Fillon-Sarkozy, on comptait un million de chômeurs en plus.

Il se présente comme un homme neuf, prêt à poursuivre les attaques contre la classe ouvrière encore plus violemment qu’avec Sarkozy en son temps et que Hollande depuis.

Gilles BOTI