Ehpad Hardouin – Tours : une journée de grève

30 Novembre 2016

Jeudi 24 novembre, une animation inhabituelle régnait dans la rue où est installée la maison de retraite Hardouin de Tours.

En grève pour la journée, plus de la moitié des 42 salariés de cet Ehpad (établissement hospitalier pour personnes âgées dépendantes) s’étaient donné rendez-vous à l’entrée de la résidence pour faire entendre leurs revendications : création de deux postes d’aides-soignantes, d’un poste d’agent de service, augmentation du salaire mensuel de 100 euros et annulation des horaires coupés.

Banderoles déployées, les grévistes sollicitaient les conducteurs des véhicules passant dans la rue pour leur faire signer une pétition. L’accueil fut unanimement favorable et réconfortant, comme le fut le soutien de plusieurs résidentes, qui malgré la fraîcheur du temps, se joignirent aux grévistes sous les applaudissements.

S’occuper des 86 résidents que compte la résidence est une tâche lourde, et le manque de bras criant. Avec de 2 000 à 3 000 euros mensuels par résident, l’Ehpad n’est pourtant pas dépourvu de moyens, d’autant que l’établissement de Tours n’est que l’un des 56 établissements de la Fondation Léopold Bellan, groupe privé qui déclare 186 millions d’euros de produit d’exploitation.

La veille de la grève devait se tenir dans la résidence tourangelle l’assemblée générale de 40 directeurs d’établissements du groupe. La réunion d’Ali Baba et des 40 voleurs, comme l’a malicieusement baptisée une résidente, fut finalement annulée au dernier moment par le directeur général. Mais celui-ci a tout de même reçu les déléguées avant la grève.

Au cours de cette réunion, le directeur a vite lâché deux postes d’aides-soignantes. Pour le reste, il a proposé un groupe de réflexion de six mois qui étudierait la question du ménage. Quant à la demande d’augmentation des salaires, pas question : les salariés des autres établissements le réclameraient à leur tour. Le directeur condescendrait tout au plus à augmenter la part de l’employeur sur la mutuelle obligatoire, effort d’autant moindre que cette participation bénéficie d’exonérations fiscales et sociales.

Malgré la promesse de l’embauche très rapide des deux aides-soignantes, la grève a été maintenue, les grévistes acceptant d’assurer un service minimum pour éviter la fermeture et le déménagement des résidents pendant la grève.

Au terme de la journée le travail a repris, chacun se promettant de veiller à l’application des quelques engagements directoriaux, et tous convaincus de savoir désormais comment se faire entendre pour la suite des revendications.

Correspondant LO