AP-HP : il y a aussi de hauts salaires !

12 Octobre 2016

Un rapport de la Chambre régionale des comptes sur la gestion de l’AP-HP (Assistance publique-Hôpitaux de Paris) pointe certaines dépenses et montre que l’AP sait être généreuse avec certains.

Ainsi Mireille Faugère, ancienne directrice du groupe de 2010 à 2013, venue de la direction de la SNCF, avait obtenu le maintien de son ancien salaire de 300 000 euros par an lors de son arrivée à la tête de l’AP, ce qui constituait une augmentation de 50 % par rapport à son prédécesseur. À cela s’ajouta une prime de 125 000 euros lors de son départ, arrondissant un salaire plus que confortable pour ce bref passage à la direction de l’AP. Le personnel soignant, ouvrier, administratif des hôpitaux du groupe pourra comparer avec les salaires bloqués depuis des années et des primes pas vraiment à la même échelle.

Le même rapport rend publics les contrats passés par la direction de l’AP auprès de cabinets privés de coaching, consulting et autres conseils stratégiques, qui ont coûté sur trois ans 3,7 millions d’euros. Les rapports à prix d’or de ces cabinets préconisent bien sûr d’accentuer les mesures d’économies dans la santé : fermeture de lits, de services, suppressions de postes.

L’AP subit actuellement un plan visant à réduire les dépenses de santé de 25 millions par an, avec pour conséquence pour le personnel de l’AP-HP, comme dans les autres hôpitaux en régions, la perte de jours de RTT et des conditions de travail de plus en plus dégradées du fait du sous-effectif chronique.

Alors, les chiffres dévoilés dans le rapport de la Cour des comptes ont de quoi mettre en colère le personnel qui fait fonctionner les hôpitaux au quotidien, et l’encourager à refuser les mesures d’austérité décidées en haut.

Gaëlle Regent