Mélenchon : sauveur suprême, le retour !

08 Juin 2016

Quelques milliers de personnes se sont rassemblées le dimanche 5 juin, place de Stalingrad à Paris, pour écouter Jean-Luc Mélenchon qui lançait officiellement sa campagne pour 2017, devançant ainsi tous ses futurs rivaux dits de la gauche, ou de la gauche de la gauche, pour reprendre le langage journalistique en cours. Et, comble de malice, il a pris du même coup à contre-pied son ex-partenaire, le PCF, qui clôturait son congrès ce jour-là.

Faisant son autoportrait, en toute modestie, l’ex-sénateur socialiste et ex-ministre du gouvernement Jospin a parlé des qualités qui font de lui l’homme de la situation : « Il faut du caractère, de la volonté pour défier ces lobbies immenses dressés contre nous, et qui ne s’arrêtent devant aucune méthode de combat, la diffamation, l’insulte », ou encore : « Mieux vaut avoir des porte-parole rusés et malins que des poulets de l’année. »

Pour le reste, le ton et les mots ont été teintés de radicalisme, mâtinés de patriotisme comme toujours, avec une pincée d’écologie.

Mais aucune autre perspective n’est proposée que celle de mettre un bulletin de vote à son nom au premier tour de l’élection présidentielle. « Les bulletins de vote sont les balles de nos fusils », a assuré Mélenchon du sommet de sa radicalité ! Et il en est venu à présenter le retour de la droite et de Sarkozy comme le risque majeur ouvert par le discrédit de Hollande : ce sera « la dislocation aggravée de la France » et « encore plusieurs milliards offerts au Medef ».

Mélenchon a rappelé ses quatre millions de voix du premier tour de la présidentielle de 2012 : une façon de marteler qu’il est le meilleur candidat possible. Mais il s’est bien gardé de rappeler qu’en 2012 il avait appelé sans l’ombre d’une hésitation à voter Hollande au second tour de la présidentielle et finalement a apporté sa caution à la supercherie qui avait consisté à prétendre qu’avec Hollande ce serait moins pire qu’avec Sarkozy.

« Rêvez fort, pensez fort, désirez fort, et cela suffira », a conclu Mélenchon. La formule a au moins l’avantage de résumer le rôle d’un Mélenchon : recycler la machine aux rêves électoraux.

Boris SAVIN