Communes : Hollande rendra un milliard sur les deux qu’il prend

08 Juin 2016

Jeudi 2 juin, devant le congrès des maires de France, François Hollande a présenté comme un cadeau le fait de ne diminuer les dotations de l’État aux municipalités que d’un milliard d’euros, au lieu des deux milliards prévus.

Drôle de cadeau, puisqu’il s’agit de continuer à asphyxier les 36 000 communes du pays, en particulier les plus petites, mais un peu moins vite. Il y aura donc moins de moyens pour réparer les rues, pour financer des écoles ou des crèches, voire pour payer les employés municipaux.

De 2014 à 2017, la réduction des dotations de l’État aux collectivités territoriales devait être de 11 milliards en tout, soit 3,7 milliards en 2017, dont deux milliards concernant les communes, et le reste les régions et départements.

L’Association des maires de France réclamait l’annulation totale des baisses de dotations, mais son président, le Républicain François Baroin, s’est réjoui de cette demi-mesure. « Le président de la République a entendu, dit Baroin, une bonne partie de ces revendications. Il allège de près de la moitié le fardeau supplémentaire qui portait sur les épaules des communes et des intercommunalités pour l’année prochaine. »

Du côté de l’AMF, les maires des petites communes ont quelques raisons de se sentir tout aussi trahis, vu la satisfaction affichée par Baroin, ex-ministre du Budget et maire de Troyes. Baroin sait parfaitement que le geste de Hollande est dérisoire, mais il s’est gardé de le dire, préférant mettre au compte de sa « combativité » personnelle le « recul ». Il espère certainement que ce sera bon pour sa carrière, qu’il a relancée à peine le congrès des maires terminé, en annonçant… qu’il se mettait en campagne pour Nicolas Sarkozy.

Quand on voit ce que contient le programme des candidats Les Républicains, à savoir un coup de rabot bien plus drastique encore sur les finances locales, on mesure combien un politicien comme Baroin se moque éperdument du sort des maires des petites communes et de leurs habitants.

Hélène COMTE