Tests salivaires dans les lycées : du Pécresse tout craché

01 Juin 2016

Sous prétexte d’économies budgétaires pour la région Île-de-France, la présidente Pécresse accumule les mesures, même peu rentables, mais susceptibles de satisfaire son électorat.

Après la suppression – scandaleuse et raciste – de l’aide aux transports collectifs auparavant allouée aux étrangers sans papiers, geste à l’usage des électeurs FN, vint celle du pass contraception pour les jeunes scolarisés, clin d’œil aux partisans de la Manif pour tous et autres culs-bénits de son électorat.

Les lycéens de la région, eux, ont déjà été privés du service d’aide téléphonique « Jeunes violence écoute » qui paraît-il ne reçoit « que » dix appels par jour en moyenne, ce qui est déjà inquiétant. Pécresse a fait voter le 19 mai par sa majorité régionale le principe et le financement de tests salivaires de dépistage du cannabis dans les lycées. Son propos serait de lutter contre le décrochage scolaire favorisé par l’usage de ce cannabis. Pour se conformer à cette mesure, chaque proviseur de la région parisienne devra « établir un diagnostic sur la consommation des substances addictives » par les élèves, au moyen d’un dispositif à usage unique d’un coût de 7 à 10 euros, que la région s’apprête à financer.

La mise en application de la mesure promet d’être délicate. Des juristes ont en effet argué que de tels tests, réservés en principe aux seuls officiers de police judicaire, ne peuvent être mis en œuvre que dans un cadre strict. De plus les proviseurs, qui ne prennent leurs consignes que du recteur et du ministère de l’Éducation nationale, peuvent peut-être choisir d’affronter une réaction des jeunes et des parents s’ils prennent la décision d’organiser un tel test, mais n’ont aucun droit d’y contraindre les élèves. Des associations de parents, FCPE ou PEEP, s’y opposent et appellent les parents élus au conseil d’administration des lycées à voter contre. Enfin, les experts techniques dénoncent de toute façon le peu de fiabilité de ces tests, par ailleurs couverts par le secret médical.

En somme, sous prétexte de lutte contre le décrochage, Pécresse se livre à une démagogie de bas étage, stigmatisant les lycéens pour complaire à la bourgeoisie francilienne. En revanche, elle continue à supprimer des emplois et à restreindre ainsi l’encadrement des jeunes comme les offres d’activités susceptibles de raccrocher les « décrocheurs ».

Mais en matière de démagogie, elle risque d’être battue sur le fil par les élus régionaux Modem qui surenchérissent en proposant, eux, l’analyse par spectrométrie de masse des eaux usées des lycées. Tant qu’à patauger dans la fange…

Viviane LAFONT