Silen & Co. – Nevers : grève et occupation

01 Juin 2016

Les quatre-vingts travailleurs de la société Silen & Co sont en grève et occupent leur entreprise depuis vendredi 27 mai.

Ils craignent la fermeture de l’usine. La direction a annoncé qu’elle ne pouvait plus payer ses fournisseurs et il y a à peine une semaine de stock à l’usine.

Jusqu’en 2012, cette entreprise appartenait à Philips, fabriquait de l’éclairage industriel et comptait plusieurs centaines de travailleurs. En 2012, la holding Bavaria a racheté l’usine qui est devenue Technology Luminaires. Philips voulait se débarrasser de l’usine de Nevers et produire en Hongrie. Plusieurs dizaines de travailleurs avaient été incités à partir pendant l’été 2011 à coups de primes de départ pouvant aller jusqu’à 50 000 euros.

Au moment de la vente, les travailleurs avaient fait grève pour que la prime de transfert soit augmentée. Ils avaient obtenu une augmentation de 40 %.

Philips avait vendu l’usine mais était toujours le donneur d’ordres. Il garantissait la production complète la première année puis de façon dégressive jusqu’en 2016.

Mais en décembre 2015, la holding Bavaria décide de se débarrasser de l’usine et de ses ouvriers. L’entreprise est alors rachetée par la société Ledpower et devient Silen & Co. Cette société spécialisée dans la conception de LED avec 27 salariés et 2 millions d’euros de chiffre d’affaires a racheté une société de 83 salariés et un chiffre d’affaires de 18 millions d’euros. C’est le petit qui avale le gros !

Pour faciliter la digestion, il y a d’abord eu ce qu’ils appellent un PSE, un plan de sauvegarde de l’emploi, c’est-à-dire 51 suppressions d’emplois, des départs qu’ils ont nommés « volontaires » et neuf licenciements. Pour le directeur de la nouvelle société Ledpower « l’association est une évidence » et donc pour lui tout allait bien, peu importaient les 51 emplois perdus !

En quelques années, plusieurs centaines d’emplois ont disparu dans ce monopoly capitaliste. Cette fois, les travailleurs ont l’impression que c’est la dernière étape et que la liquidation est proche. Ils ont décidé de se battre une nouvelle fois pour essayer d’empocher le maximum d’indemnités.

Correspondant LO