Saint-Brieuc : grève à la mairie

01 Juin 2016

Depuis le 24 mai 2016, plusieurs centaines d’employés municipaux de la ville de Saint-Brieuc sont en grève pour s’opposer au projet de la mairie de les faire travailler gratuitement 15 jours de plus par an.

C’est la remise en cause d’un accord signé en 2001 par le même maire, élu Modem, qui a mis le feu aux poudres. Celui-ci justifie sa décision par la nécessité de faire des économies, rejetant la responsabilité de celles-ci sur l’État qui a fortement diminué ses subventions aux communes. C’est incontestable, mais pourquoi les salariés de la mairie devraient-ils en faire les frais ?

En réalité, il y a depuis quelque temps une campagne d’intox contre les fonctionnaires présentés comme ne travaillant pas assez. Ainsi le nouveau conseil départemental qui est passé à droite aux dernières élections s’est aussi attaqué récemment au temps de travail des employés territoriaux en voulant aussi les faire travailler plus.

Du coup, employés municipaux et territoriaux se sont d’ailleurs retrouvés mardi soir devant le perron de la mairie pour dire leur refus de travailler plus. Les employés municipaux ont ensuite décidé d’envahir le conseil municipal et rappelé au maire de Saint-Brieuc qu’ils poursuivraient la grève si le plan était maintenu.

Devant le refus du maire de modifier sa décision, la reconduction de la grève est votée chaque jour. Les employés municipaux ont déversé plusieurs bennes de fumier devant la mairie et perturbé la tenue d’un championnat de football de l’armée. Ils ont participé à la journée d’action contre la loi travail du 26 mai et ont appelé leurs collègues de l’agglomération à les rejoindre dans la lutte car le maire de Saint-Brieuc, par ailleurs président de l’agglomération briochine, a annoncé son intention d’appliquer le même régime horaire qu’à la mairie pour les employés de l’Agglo.

Les travailleurs de la mairie, rejoints par ceux du conseil départemental et ceux de l’agglomération, ont choisi d’unir leurs forces dans la lutte. Ils sont déterminés à poursuivre jusqu’à satisfaction.

Le 30 mai, le maire a tenté de diviser le mouvement en proposant de discuter service par service des implications des futures modifications d’horaires. L’assemblée des grévistes a rejeté en bloc cette proposition, estimant à juste titre qu’il n’y avait rien de nouveau puisque le projet était maintenu en l’état, et la poursuite de la grève a été votée.

Correspondant LO