RSA : la droite pour la transparence des comptes… des pauvres

01 Juin 2016

Candidat à la primaire de la droite, Bruno Le Maire fait campagne en promettant d’accroître le contrôle de l’administration sur les familles qui touchent le RSA. Il veut notamment contrôler leurs comptes en banque, laissant entendre que les bénéficiaires du RSA sont des fraudeurs en puissance.

Sur le terrain, les présidents de droite des Conseils départementaux de l’Eure, du Bas-Rhin et du Haut-Rhin se vantent déjà de demander parfois leurs relevés de compte aux allocataires du RSA. Le Haut-Rhin s’apprête à systématiser cette mise sous tutelle des travailleurs pauvres en y conditionnant le versement du RSA.

Pourtant la fraude aux minima sociaux est minime. Selon la Délégation nationale à la lutte contre la fraude, elle se montait en 2013 à 92 millions d’euros. Dans ce montant, la part exacte de la fraude au RSA est inconnue, mais évidemment encore inférieure et il faut la rapporter aux 9,3 milliards versés à ce titre.

Par contre, il est établi que 35 % des personnes qui auraient droit au RSA ne le demandent pas, certaines ayant honte et bien d’autres ignorant leurs droits. Mais là, pour qu’elles bénéficient ne serait-ce que des 524 euros par mois du RSA, il n’y a pas de mobilisation des départements.

La droite fait de la démagogie anti-assistés auprès de ses électeurs. Mais il ne lui viendrait pas à l’idée d’exiger l’ouverture des comptes en banque professionnels et personnels de la bourgeoisie, qui bénéficie de tant de niches fiscales, qui fraude le fisc à qui mieux mieux à coup de paradis fiscaux et dont les entreprises récoltent les subventions même si cela met les finances publiques à genoux.

Lucien DÉTROIT