Nos lecteurs écrivent : Pressions contre le droit de grève des enseignants

01 Juin 2016

Peu de personnes le savent, mais les enseignants d’écoles maternelles et élémentaires sont soumis à une obligation datant du 20 août 2008, de déclarer leur intention de faire grève au moins 48 heures à l’avance. « L’objectif est d’assurer l’accueil des enfants dans les meilleures conditions et de bien définir le service à mettre en place. »

Cette loi s’appuie sur l’obligation pour les communes d’organiser un service minimum d’accueil si le taux prévu de grévistes est supérieur ou égal à 25 % des enseignants.

Cependant, c’est à son inspecteur de circonscription ou au directeur des services de l’Éducation nationale, donc à sa hiérarchie, que l’enseignant doit adresser sa déclaration d’intention, et non à la mairie, premier partenaire concerné par cette information.

Pour la grève du 31 mars, j’ai déposé ma déclaration d’intention le mardi 29 pendant la pause méridienne. Le lundi précédent était férié. Le jeudi matin de la grève, dès 8 h 45, j’ai été contactée par l’inspection m’annonçant que l’inspecteur refusait ma déclaration car elle n’était pas parvenue dans les délais prévus par les textes.

Or il se trouve que j’étais seule gréviste dans mon école, et que je ne représente pas 25 % des enseignants, donc aucun service minimum d’accueil n’avait à être organisé, les élèves présents dans ces cas-là étant pris en charge par les non-grévistes.

Mes arguments ont amené l’inspecteur à accepter ma déclaration et ma décision de faire grève, mais cet incident révèle en quoi cette loi est encore un moyen de pression visant à restreindre le droit de grève. Pour faire grève un jeudi, un enseignant doit informer sa hiérarchie le lundi. Pour une grève un mardi, il doit le faire le vendredi soir au plus tard !

C’est ainsi que certains enseignants sont poussés à renoncer à faire grève.

Une professeure des écoles de l’Eure