À Mulhouse

01 Juin 2016

Jeudi 26 mai, plus d’un millier d’ouvriers de l’usine PSA Mulhouse ont débrayé environ deux heures à l’appel de la CGT sur l’ensemble des trois équipes (matin, après-midi et nuit).

Depuis plusieurs jours, les mesures de flexibilité contenues dans le nouvel accord de compétitivité en projet faisaient discuter dans les ateliers. Travail du samedi après-midi, multiplication de samedis matins travaillés pour alimenter un compteur qui sera débité en cas de période de chômage, mise en place d’équipes de nuit à temps partiel et horaires variables, vol de jours de congés d’ancienneté, etc., autant de mesures qui ont provoqué du mécontentement, au moment où les milliards d’euros de bénéfices s’affichent au compteur de PSA. Pour une grande partie des travailleurs, rien ne justifie de devoir encore faire des sacrifices, alors que le premier accord de compétitivité, qui date de 2014 seulement, a déjà imposé des reculs.

L’idée de débrayer a ainsi fait son chemin, et lorsque la CGT a appelé à des arrêts de travail pour le jeudi 26, de nombreux ouvriers en ont discuté, se sont parfois convaincus les uns les autres, se sont comptés. Cet appel, relayé dans d’autres usines du groupe, a conduit la direction à annoncer oralement quelques reculs, la veille du débrayage : le travail du samedi après-midi était la mesure qui cristallisait le plus de réactions, aussi son retrait du projet d’accord était là pour tenter de « dégonfler » la mobilisation qui s’organisait dans l’usine. Partout, les chefs relayaient le même discours : « les négociations ne sont pas finies, cela ne sert à rien de faire grève », accompagné tantôt de pressions, tantôt de promesses en direction des ouvriers qui affichaient leur participation au débrayage.

Mais il en fallait plus pour que le mécontentement retombe ! Et le lendemain, l’usine connaissait le débrayage avec la plus forte participation depuis de nombreuses années : dès le matin, 300 ouvriers de tous les secteurs de l’usine se retrouvaient pour défiler le long de la ligne de montage, imités par 400 autres l’après-midi, pour finir par plus de 300 ouvriers en équipe de nuit. La ligne tournait beaucoup moins vite que d’habitude, la direction avait mobilisé des chefs et des techniciens pour tenter de faire les voitures, à deux ou trois par poste… mais l’essai n’a pas été concluant, vu le nombre de voitures accumulées dans le secteur des retouches en bout d’usine.

À l’issue de chacun des trois débrayages, les ouvriers se sont retrouvés en assemblée générale. Dans les trois équipes, ils ont voté pour se retrouver le 31 mai, lendemain d’une nouvelle réunion de négociations, pour débrayer et faire le point.

Même si la participation a été en baisse lors de cette nouvelle journée, plusieurs centaines d’ouvriers ont encore fait grève pour se retrouver dans des assemblées générales. Cela leur a notamment permis de discuter de leurs revendications et de la suite de la mobilisation.

Cela fait très longtemps que des travailleurs de l’usine ne se sont pas rassemblés de la sorte, en prenant le temps de se poser les problèmes collectivement. C’est de bon augure pour les semaines et les mois à venir.

Correspondant LO