Airbus – Helicopters – Marignane : méthodes pour augmenter les profits

01 Juin 2016

Les bénéfices d’Airbus Group ont augmenté cette année de 6 % et les dividendes versés aux actionnaires de 8 % tandis que le nombre de salariés, lui, baissait de 2 %. C’est donc que chacun d’entre eux a été plus exploité et les ouvriers le ressentent par une fatigue accrue. Par ailleurs, les dividendes versés aux actionnaires sont équivalents à 600 euros par mois et par salarié, somme qui serait bien nécessaire à chacun.

De plus, l’accord « Care », signé par les syndicats FO, CFDT et CGC, est entré en vigueur le 1er avril.

Tous les vendredis sont désormais travaillés alors que certains ne l’étaient pas auparavant. Le temps de travail quotidien a été diminué, ce qui a supprimé les RTT, mais les cadences ont augmenté. C’est une perte sur toute la ligne pour les travailleurs dont on exige plus de présence à l’usine et plus d’intensité du travail. Alors que certains vendredis en RTT étaient travaillés et payés en heures supplémentaires, ils sont désormais travaillés mais sans majoration. Cela n’a pas supprimé les heures supplémentaires qui s’effectuent désormais le samedi matin.

Par ailleurs, on demande aux ouvriers de certains secteurs de travailler au-delà de leur vacation normale de 13 h 30 à 21 h ; ils doivent rester jusqu’à 23 h, si « la charge de travail l’exige ». Ces journées de presque dix heures sont exténuantes.

Enfin, le nombre d’intérimaires travaillant dans l’usine est passé de 1 100 à 550. Du coup, malgré la baisse de charge, il y a plus de travail pour chacun parce que ces camarades qui étaient parfois depuis plusieurs années dans l’usine, repartent à Pôle emploi.

En outre, la hiérarchie est de plus en plus agressive, convoquant des entretiens disciplinaires en cascade. Les petits conflits quotidiens qui se réglaient auparavant entre chef et ouvrier, se traduisent aujourd’hui par des convocations aux Ressources humaines. La convocation après arrêt maladie est la dernière trouvaille de la direction : de retour d’un arrêt maladie ou d’un accident du travail, l’ouvrier passe devant une commission qui a tout d’un tribunal, composée d’un cadre de production, d’un cadre des Ressources humaines de secteur et d’un cadre de la direction du service dit de prévention, qui enquêtent avec suspicion sur les causes de l’arrêt de travail.

La direction souffle le chaud et le froid, pratique le chantage au plan social, au vu du carnet de commandes, argumentant sur le fait que les concurrents, Bell, Agusta ou Sikorsky licencient.

Quant aux salaires, ils s’élèvent – en moyenne – à 4 938 euros brut, par mois. Seulement cette moyenne passe à 8 568 euros pour les 10 % les mieux payés de l’usine, soit quelque 900 personnes. Les 10 % les moins payés ne touchent que 1 794 euros brut. Les travailleurs n’ont pas la même valeur, pourtant ils ont les mêmes besoins.

Correspondant LO