Israël : Valls en visite d’autopromotion

25 Mai 2016

Valls a visité pendant trois jours Israël et les territoires palestiniens, affirmant défendre le projet français de réunir une conférence internationale à Paris, pour réamorcer le dialogue entre Israéliens et Palestiniens. Il a donc demandé poliment aux Israéliens de cesser la colonisation, et a distribué quelques bonnes paroles aux Palestiniens.

Mais cette visite de Valls est intervenue précisément au moment où le Premier ministre israélien Netanyahou négociait l’entrée dans son gouvernement de l’ultranationaliste Lieberman, figure détestée des Palestiniens, qui prône le renforcement de la colonisation et l’expulsion des Arabes israéliens. Dans ce contexte, la visite de Valls a en fait servi à réaffirmer que, quelles que soient les conséquences sanglantes pour les Palestiniens de la politique de Netanyahou, celui-ci pourrait toujours compter sur le soutien total de l’impérialisme français. Valls a notamment confirmé que son gouvernement refuse toujours d’envisager une reconnaissance prochaine de l’État palestinien. Il a également dénoncé les partisans d’un boycott des produits israéliens ou des relations culturelles avec ce pays, en faisant encore une fois l’amalgame entre la dénonciation de la politique d’Israël et l’antisémitisme. « Derrière ce boycott, a t-il déclaré, nous savons bien ce qu’il y a (…) : la détestation de l’État d’Israël, la détestation d’un foyer juif, et donc des Juifs dans leur ensemble. »

Valls essaie de se donner une stature d’homme d’État, et probablement aussi de se démarquer démonstrativement de son passé déjà lointain, quand, en tant que maire d’Évry, il courtisait l’électorat d’origine immigrée. À l’époque, il avait participé à quelques manifestations de soutien à la Palestine, et il avait soutenu le jumelage de la ville avec le camp de réfugiés de Khan Younis, dans la bande de Gaza. Ses ambitions nationales, avec sa candidature aux primaires de la présidentielle en 2011, l’ont ensuite amené à changer de discours, à s’opposer à la reconnaissance de l’État palestinien par l’ONU, pour ensuite, ces dernières années, taxer d’antisémitisme ceux qui dénoncent la politique coloniale israélienne.

Reste à savoir si ces calculs cyniques et ces courbettes devant les dirigeants israéliens lui seront payés de retour. C’est peu probable, car Netanyahou a déjà rejeté le projet français de conférence internationale, que les dirigeants américains ne soutiennent d’ailleurs pas non plus.

S. F.